Hervé Vilard, 80 ans : Les 185 millions d’euros, le presbytère de son enfance et le secret tragique des deux enfants perdus

Hervé Vilard, l’icône de la chanson française dont la mélodie entêtante “Capri c’est fini” a traversé les générations, avance à 80 ans non pas comme une célébrité flamboyante, mais comme un homme qui a trouvé la paix au cœur du silence. Son refuge n’est pas une villa luxueuse sur la Côte d’Azur, mais un ancien presbytère du Xe siècle, restauré avec amour, dans la campagne de la Solette. Pourtant, derrière cette humilité se cache une réalité financière stupéfiante : l’artiste est à la tête d’une fortune estimée à près de 185 millions d’euros. Le contraste est saisissant, presque théâtral, entre le luxe discret de sa vie et les chiffres vertigineux de son patrimoine. Son histoire est celle d’une résilience hors norme, d’un orphelin qui a transformé la poésie en une richesse discrète, tout en étant hanté par la tragédie de ses amours et de la paternité qui lui a été cruellement refusée.

Le choc financier de 2025 : une fortune réévaluée à 185 millions d’euros

Pendant des années, les estimations financières plaçaient la fortune d’Hervé Vilard autour de 3 millions d’euros, un montant modeste pour une carrière de six décennies. Ce chiffre reflétait principalement ses droits d’auteur, mais ne tenait pas compte de la valeur réelle de son héritage culturel et de ses investissements avisés.

En 2025, le magazine People with Money a fait l’effet d’une bombe, affirmant que l’artiste aurait gagné 58 millions d’euros en une seule année, le propulsant parmi les chanteurs français les mieux payés. Cette hausse spectaculaire provient d’un phénomène viral inattendu : l’utilisation de “Capri c’est fini” pour une campagne mondiale d’Hermès, la marque de luxe dont Vilard est un collectionneur avoué. L’élégance nostalgique du morceau, combinée à des visuels haut de gamme, a déclenché une résurgence sur TikTok et les plateformes de streaming, où les écoutes ont bondi de 900 %. Un contrat de réédition rétrospective, proposant l’intégrale de sa discographie en édition collector de luxe pour la France, l’Espagne et le Mexique, a encore gonflé ses revenus.

Le rapport décrit un empire financier étonnamment diversifié, dont la valeur totale est estimée à 185 millions d’euros, incluant :

  • Restauration : Une chaîne de bistro parisien au décor rétro, Chez le gros Hervé.

  • Mode : Une ligne capsule, Vilard Séduction, proposant cravates et foulards.

  • Parfumerie : Un parfum de niche, L’Eau de Hervé, populaire au Japon.

  • Investissements Littéraires : Des placements discrets dans les droits de traduction et d’édition de la littérature française en Amérique du Sud, une passion personnelle devenue source de revenus.

  • Immobilier : Le rachat de son presbytère d’enfance et son appartement parisien, tous deux acquis comptant il y a des décennies et dont la valeur a explosé depuis.

Malgré l’ampleur de cette richesse, Vilard n’a jamais démenti les chiffres avec virulence. Il a simplement affirmé n’avoir jamais vécu au-dessus de ses moyens, et a investi pour le « silence et la paix » plutôt que pour le bruit. Il fait des dons anonymes réguliers à des associations pour orphelins en France et finance des programmes d’alphabétisation au Mexique, une promesse faite à un amour perdu.

La Solette : une autobiographie en pierres et en silence

Hervé Vilard a vendu sa demeure du Boischaut - Le Berry Républicain

Si Hervé Vilard possède un appartement à Paris, son cœur et sa véritable demeure sont nichés dans le paisible village de La Solette, dans le Cher. Sa maison est bien plus qu’une résidence ; c’est un mémorial intime, le lieu même où sa vie brisée a trouvé son point de départ. Enfant, après des années d’abus dans des orphelinats, c’est dans ce presbytère qu’il a trouvé refuge auprès du Père Engrand, qui lui a offert des livres et un semblant de dignité.

Quand la bâtisse fut mise en vente, en ruine à la fin des années 1980, Vilard l’a rachetée. « Je n’ai pas acheté une maison, j’ai acheté l’endroit où j’ai été sauvé », a-t-il confié. Il y a investi plus de 300 000 euros pour la reconstruire pendant sept ans, pierre par pierre. Aujourd’hui, estimée à 900 000 euros, la maison est un havre de poésie.

À l’entrée, deux oliviers symboliques se dressent : l’un offert par la ville de Capri, l’autre par le Pape Jean-Paul II, en reconnaissance d’un don aux archives du Vatican. À l’intérieur, l’opulence est absente. Le parquet grince, les meubles sont anciens et les étagères débordent de milliers de livres. Il n’y a pas de personnel, pas de luxe tapageur, juste la chaleur, les souvenirs et un bureau près de la cheminée où l’artiste écrit ses notes et ses paroles, accompagné par le silence de la campagne.

La folie Hermès : 400 foulards, des talismans de survie

S’il y a un seul luxe qu’Hervé Vilard assume avec une passion dévorante, ce sont les foulards Hermès. Il ne s’agit pas de quelques accessoires, mais d’un archivage méticuleux de plus de 400 carrés de soie, collectionnés aux quatre coins du monde. Ces pièces, dont le coût unitaire varie entre 400 et 1000 euros, représentent à elles seules une petite fortune, estimée à plus de 500 000 euros pour la collection totale, sans compter la valeur de rareté.

Pour Vilard, ces foulards sont bien plus que des symboles de statut ; ce sont des talismans de survie. « Je les porte comme une armure », a-t-il expliqué. « Un carré de soie sur mes épaules me fait me sentir protégé, élégant, invisible et vu à la fois. » Il les choisit selon son humeur, le motif représentant pour lui une carte de son monde, portant parfois l’odeur de l’aéroport où il les a achetés.

Ce faste est contrebalancé par une frugalité surprenante. Il refuse de payer trop cher les girolles au marché et ne collectionne ni bijoux, ni voitures de sport. Son luxe est tactile et poétique : « L’un nourrit le ventre, l’autre nourrit l’âme », a-t-il affirmé pour justifier ce paradoxe.

Les amours maudits : le cycle de la perte et la paternité éteinte

Tony Frank | Hervé VILARD, 11116

Derrière les millions et la discrétion, la vie personnelle d’Hervé Vilard a été marquée par une douleur lancinante. Ouvertement gay depuis les années 1960, il a pourtant connu deux amours tragiques avec des femmes, deux relations qui lui ont cruellement fait entrevoir la possibilité de devenir père, avant de la lui arracher.

Au début des années 1970, au Mexique, il tombe éperdument amoureux de Consuela, surnommée Lala, une femme libre du Chiapas qui n’était ni éblouie par sa célébrité, ni effrayée par son homosexualité. Ensemble, ils ont conçu un enfant, Pedro, que Vilard voyait comme le rachat de tous les silences et des souffrances de son enfance. Mais Lala, enceinte, est morte dans un accident de voiture, emportant leur fils avant qu’il ne puisse pleurer. La perte fut dévastatrice.

Près d’une décennie plus tard, l’amour revient avec Kim Harlot (Alexandra Girot), une danseuse de cabaret avec qui il s’installe. Malgré son identité sexuelle, leur romance est intense. Ils tentent à nouveau d’avoir un enfant. Mais en 1992, le destin frappe à nouveau avec une cruauté implacable : Kim Harl meurt soudainement d’une méningite virale, alors qu’elle était enceinte.

« Deux fois, je suis passé près d’être père et deux fois la faucheuse me l’a pris », a-t-il confié, le cœur brisé. Cette porte s’est refermée à jamais. Bien qu’il vive seul, il parle de Pedro comme s’il avait réellement existé, un enfant courageux et libre. Cette douleur est devenue la source de sa poésie et de sa générosité, finançant des œuvres pour les orphelins, en hommage à sa propre jeunesse et aux enfants qu’il n’a jamais pu bercer.

Aujourd’hui, Hervé Vilard partage son temps entre le calme de la Solette, où il cultive ses souvenirs et ses oliviers, et Paris, où il continue de surprendre en participant à des pièces de théâtre irrévérencieuses et en mentorant de jeunes artistes. Sa vie n’est pas un gros titre, mais un poème qui se termine, un hommage à la survie et à la beauté trouvée dans les décombres. Sa fortune, il l’a transformée en temps, en paix, et en un sanctuaire pour sa mémoire, prouvant que l’héritage le plus précieux est celui qui se construit avec des pierres brisées et de la lumière empruntée.

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