Il était encore sur scène il y a quelques mois : ce chanteur et parolier français s’est éteint soudainement

Ce vendredi 21 novembre 2025, une triste nouvelle a été annoncée. Le chanteur Jean Guidoni, artiste singulier qui a marqué la scène française avec son univers sulfureux et théâtral, est mort vendredi à Bordeaux, à 74 ans, a annoncé son attachée de presse à l’AFP. Jean Guidoni est décédé ce matin “des suites d’une maladie fulgurante“, a précisé cette source.
Né en 1951 à Marseille, dans un milieu modeste aux racines corses, il fut d’abord coiffeur avant de tout quitter pour rejoindre Paris, afin de faire ses premiers pas dans la chanson dans les années 1970. Jean Guidoni ne rentre pas dans le moule de la variété de l’époque. Électron libre sans compromis, les chansons qu’on lui propose ne collent ni avec sa personnalité ni avec ses démons intérieurs.
C’est sur scène que le chanteur laisse exploser son exubérance et sa provocation: il joue avec les attributs de la séduction féminine, portant aussi bien bas résille que talons aiguilles et arborant un visage maquillé de blanc. Je marche dans les villes, Tramway terminus nord ou Mort à Venise font partie des titres qui ont séduit un public fidèle. L’album Crime Passionnel, sorti en 1982 et mis en musique par la figure du tango moderne Astor Piazzolla, reste l’un des plus populaires du chanteur. Entre textes écorchés sur la vie et expressionnisme théâtral, l’opus est présenté comme un “opéra pour homme seul“.
Sa rencontre avec le parolier Pierre Philippe, notamment connu pour ses adaptations de textes de Rainer Werner Fassbinder, s’avère un tournant décisif dans sa trajectoire. Passionné de musique depuis toujours, il avait saisi lui-même sa chance lorsqu’en exerçant son premier métier, celui de coiffeur, il a confié une maquette de son travail au directeur artistique de Michel Legrand (musicien, chanteur et compositeur pour le cinéma, ce qui lui a valu de remporter trois Oscars, et défunt mari de Macha Méril).

Suite à cette rencontre, Jean Guidoni a signé son premier contrat et a enregistré dans la foulée son premier triple album concept écrit par Francis le Marquis et Georges Coulonges. De nombreux artistes de l’époque y avaient participé, dont Michel Legrand justement. C’est sa chanson, Le Titre, écrite par Jacques Lanzmann, qui lui a permis de rencontrer son public. Et depuis il ne s’est jamais arrêté.
Jean Guidoni a ensuite pris lui-même la plume. Sur La Pointe rouge (2007), il collabore avec Dominique A, Philippe Katerine, Jeanne Cherhal et Mathias Malzieu l’ex d’Olivia Ruiz. Son 17e album studio, Eldorado(s), est paru en avril. Il l’a défendu sur scène le 24 juin 2025 au Café de la Danse à Paris, où il a aussi interprété certains de ses titres les plus emblématiques. Car Jean Guidoni souhaitait performer jusqu’au bout après avoir traversé tout de même un court passage à vide. “Après Paris-Milan, j’ai songé à tout arrêter. J’en avais marre et je ne supportais plus la compétition. A un moment, je disais même que je vieillissais à chaque spectacle. Aujourd’hui, j’essaie de ne plus trop m’écouter. Je me sens tellement chanceux de pouvoir continuer“, confiait-il pour We Culte il y a encore quelques mois.

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