“INADMISSIBLE” : QUAND LE DUEL SUR LE BUDGET 2026 VIRE AU RÈGLEMENT DE COMPTES ENTRE TANGUY ET MONTCHALIN

C’est une scène qui résume à elle seule le gouffre qui sépare l’opposition du gouvernement. Loin de l’image feutrée des commissions parlementaires, l’audition sur le Projet de Loi de Finances 2026 s’est transformée en un véritable réquisitoire. Au cœur de l’arène : Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National, face à Amélie de Montchalin, venue défendre un budget qui, selon l’opposition, ne tient tout simplement pas debout.
“On pourrait en rire si ce n’était pas à pleurer”
Dès sa prise de parole, le ton est donné. Pas de politesses superflues, le député attaque frontalement l’équation budgétaire présentée par l’exécutif. “20 milliards d’impôts pour 28 milliards de hausse de dépenses”, lance-t-il, incrédule. Pour lui, parler de “maîtrise des comptes publics” avec de tels chiffres relève de la farce, voire de l’insulte à l’intelligence des Français.
L’accusation est lourde : le gouvernement naviguerait à vue, présentant des perspectives économiques “fragiles” et “au-delà du réel”. Le député pointe une incohérence majeure : comment justifier une hausse historique des recettes de TVA (15 milliards prévus) dans un contexte où le pouvoir d’achat des Français s’effondre ? Entre le gel des salaires des fonctionnaires, la désindexation des retraites et la pression fiscale accrue sur les classes moyennes, l’équation mathématique du gouvernement semble, aux yeux de l’opposition, relever de la pensée magique.
Le Mystère du “Coût de la Censure”
Mais le point de tension maximal est atteint sur un dossier précis : le fameux “coût de la censure”. Depuis des mois, le gouvernement brandit cet argument pour justifier une partie du dérapage budgétaire, affirmant que l’instabilité politique a un prix chiffré.
“Ça fait un an que vous racontez n’importe quoi sur le coût de la censure”, assène Jean-Philippe Tanguy, réclamant avec insistance la note promise par Bercy qui n’est jamais arrivée. Pour lui, c’est un mensonge d’État destiné à masquer les propres échecs de la gestion macroniste.
Face à cette charge, Amélie de Montchalin tente de garder son calme. Elle déploie une réponse technique, expliquant que ce coût (estimé à 12 milliards) est un mélange “d’effet mécanique” lié à la baisse de la croissance et de mesures d’économies qui n’ont pas pu être votées à temps. “La note va vous arriver”, promet-elle, un peu tardivement aux yeux de son interlocuteur.
La Défense de la Ministre : “Pas d’Économie Invisible”

Acculée sur la question des dépenses, la ministre change de stratégie. Elle refuse l’idée d’économies faciles ou indolores. Son argument ? 60% des dépenses de l’État sont des transferts d’argent vers les collectivités, la Sécurité sociale ou les entreprises.
En clair, Amélie de Montchalin prévient : couper dans les dépenses, c’est couper dans les aides aux Français. “Les économies invisibles, ça n’existe pas”, plaide-t-elle, soulignant que chaque euro retiré impactera quelqu’un. Elle s’appuie également sur le Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP) pour valider ses hypothèses de TVA, assurant que les chiffres n’ont pas été “pipotés” ou “maquillés”.
Un Dialogue de Sourds
Cette séquence met en lumière deux visions irréconciliables. D’un côté, un gouvernement technocratique qui s’abrite derrière des rapports d’experts et la complexité des mécanismes financiers pour justifier sa trajectoire. De l’autre, une opposition qui dénonce une déconnexion totale avec la réalité vécue par les Français et une “injustice fiscale” insupportable.
Jean-Philippe Tanguy conclut sur un constat amer : “J’ai l’impression que c’est une audition pour rien.” Et c’est peut-être là le plus inquiétant. Alors que la France fait face à des défis budgétaires colossaux, le dialogue semble rompu, laissant place à une méfiance absolue sur la véracité même des chiffres présentés à la nation.
Le budget 2026 sera-t-il celui du redressement ou celui du décrochage définitif ? À écouter cet échange, les voyants sont loin d’être au vert.

Leave a Reply