«La facture d’électricité des Français est plombée par les subventions accordées aux exploitants d’éoliennes et de panneaux solaires», explique cet expert en politique énergétique
«La facture d’électricité des Français est totalement plombée par les subventions accordées aux exploitants d’éoliennes et de panneaux solaires», a souligné Fabien Bouglé, expert en politique énergétique, ce mercredi sur CNEWS.
C’est une petite ligne sur votre facture, ou plutôt une mécanique invisible, noyée dans la complexité des taxes et des tarifs réglementés, mais dont l’impact sur votre budget est dévastateur. Alors que les températures chutent et que les radiateurs se rallument partout en France, la question du prix de l’électricité revient hanter les ménages. Mais cette fois, la colère ne vise pas seulement l’inflation généralisée. Elle cible un coupable précis, désigné par un expert en politique énergétique : le système de subventions massives accordées aux exploitants d’éoliennes et de panneaux solaires.
Selon cette analyse, qui jette une lumière crue sur les coulisses de la transition énergétique française, le consommateur est la variable d’ajustement d’une politique de soutien aux énergies renouvelables devenue incontrôlable. « La facture d’électricité des Français est plombée par les subventions », affirme l’expert. Une déclaration qui sonne comme un aveu d’échec pour ceux qui promettaient une énergie verte, abondante et bon marché.
Le piège des prix garantis
Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut plonger dans la mécanique obscure des contrats passés entre l’État et les promoteurs d’énergies renouvelables. Le système repose souvent sur ce qu’on appelle les “compléments de rémunération” ou les tarifs de rachat garantis. En clair, l’État promet à un exploitant éolien ou solaire de lui acheter son électricité à un prix fixe (souvent élevé pour encourager l’investissement), quel que soit le prix réel sur le marché de l’électricité.
Lorsque le prix du marché est bas — ce qui arrive souvent lorsque la demande est faible ou que la production est abondante — la différence entre ce prix de marché et le prix garanti est payée par… la collectivité. C’est-à-dire par le contribuable et le consommateur d’électricité.
L’expert pointe ici du doigt une aberration économique : nous subventionnons une production qui ne correspond pas toujours à nos besoins. Pire, lorsque les prix de marché s’effondrent, parfois jusqu’à devenir négatifs lors de journées très venteuses et ensoleillées où l’offre dépasse la demande, le citoyen continue de payer le prix fort aux exploitants pour compenser. C’est une rente de situation financée directement par votre pouvoir d’achat.
L’illusion de la gratuité du vent et du soleil
« Le vent est gratuit, le soleil est gratuit ». Cet argument, répété en boucle par les défenseurs des renouvelables, est techniquement vrai mais économiquement trompeur. Si la matière première est gratuite, la technologie pour la capter, l’installer et surtout l’intégrer au réseau électrique coûte des fortunes.
L’analyse de l’expert révèle que le coût complet de ces énergies, une fois débarrassé des artifices comptables, est bien supérieur à ce qui est annoncé. Il faut non seulement payer les subventions aux exploitants, mais aussi financer le renforcement gigantesque du réseau électrique (lignes à haute tension, raccordements) nécessaire pour aller chercher l’électricité produite par des éoliennes dispersées sur le territoire, loin des centres de consommation.
Ces coûts d’infrastructure, souvent appelés “coûts de système”, se répercutent inévitablement sur le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité), une composante majeure de votre facture. Ainsi, même si vous consommez la même quantité d’énergie, la facture augmente pour financer cette complexité croissante du réseau imposée par l’intermittence des renouvelables.
Un transfert de richesse contestable
Ce que met en lumière cette prise de position, c’est aussi un aspect moral et social de la transition énergétique actuelle. Nous assistons, selon l’expert, à un gigantesque transfert de richesse. L’argent est prélevé dans la poche des ménages français — y compris les plus modestes qui consacrent une part importante de leur revenu à l’énergie — pour être redirigé vers des opérateurs privés, souvent des consortiums financiers internationaux, qui bénéficient de contrats sécurisés sur 15 ou 20 ans par l’État.
C’est une forme de capitalisme sans risque pour les producteurs, mais à haut risque pour le budget des ménages. Alors que l’inflation alimentaire et immobilière pèse déjà sur le moral des Français, découvrir que leur effort financier sert à sécuriser les marges des industriels du vent et du soleil a de quoi susciter une légitime indignation. On est loin de l’image d’Épinal de l’écologie solidaire ; on parle ici de flux financiers massifs qui déséquilibrent l’économie du secteur.
L’intermittence : le coût de l’insécurité
L’autre point noir soulevé est celui de l’efficacité. Payer cher pour un service de qualité est une chose. Payer cher pour une énergie qui n’est pas là quand on en a le plus besoin en est une autre. En hiver, lors des pics de froid à 19h, quand la France a besoin de toute sa puissance, il fait nuit (donc pas de solaire) et parfois il y a peu de vent (situation anticyclonique).
Pourtant, les subventions continuent de couler à flots pour installer des capacités qui ne garantissent pas la sécurité d’approvisionnement. Pour pallier cette absence, la France doit soit importer de l’électricité (souvent chère), soit compter sur son parc nucléaire historique, qui lui, ne bénéficie pas des mêmes largesses de subventions directes à la production dans les nouveaux contrats. L’expert souligne l’ironie de la situation : on taxe l’électricité (majoritairement décarbonée grâce au nucléaire en France) pour financer des moyens de production qui dupliquent le système sans apporter de garantie ferme de production.
Vers une révolte des consommateurs ?
Cette analyse intervient dans un contexte tendu. Les Français sont de plus en plus attentifs à la composition de leurs dépenses contraintes. La promesse d’une transition énergétique “heureuse” se heurte au mur de la réalité comptable. Si la nécessité de décarboner l’économie n’est pas remise en cause sur le fond, c’est le chemin emprunté et son financement qui posent problème.
Pourquoi continuer à subventionner des technologies qui devraient être matures ? Pourquoi ne pas laisser le marché réguler les investissements ? L’expert appelle à une remise à plat totale de la fiscalité énergétique et des mécanismes de soutien. Il plaide pour la vérité des prix.
Si rien n’est fait pour rééquilibrer ce système, la facture d’électricité risque de devenir le détonateur d’une nouvelle crise sociale. Car derrière les pourcentages et les mégawattheures, ce sont des familles qui doivent choisir entre se chauffer confortablement ou payer leurs courses. En pointant du doigt la responsabilité des subventions aux éoliennes et au solaire, cet expert ne fait pas que de l’économie : il lance un avertissement politique. La transition ne sera acceptée que si elle est juste, et pour l’instant, la facture semble bien trop salée pour être honnête.

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