L’ACCORD DE LA HONTE : COMMENT URSULA VON DER LEYEN A VENDU L’AVENIR DE L’EUROPE À DONALD TRUMP EN ÉCOSSE

C’est un jour qui restera gravé dans l’histoire de la construction européenne, mais pour les pires raisons. Ce qui devait être une négociation d’égal à égal entre deux puissances alliées s’est transformé, sous le ciel gris d’Écosse, en une véritable débâcle. Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, est revenue de sa rencontre avec Donald Trump avec un accord que l’on peine à qualifier de “diplomatique” tant il ressemble à une reddition en rase campagne.
Pour Geoffroy Lejeune et de nombreux observateurs, les mots sont durs mais justes : c’est une “liquéfaction”, une “capitulation”, voire un “fiasco”. Alors que les détails de ce pacte transatlantique émergent, une onde de choc traverse la classe politique française, unissant pour une fois la gauche radicale, le centre et la droite conservatrice dans une même consternation. Plongée au cœur d’un désastre annoncé où l’Europe a tout cédé, et n’a rien gagné.
La Facture de la Soumission : Des Chiffres qui Donnent le Vertige
Le diable se cache dans les détails, et ces détails coûtent cher, très cher aux contribuables et aux entreprises européennes. L’accord, vendu par Bruxelles comme un moyen de garantir la “stabilité” et d’éviter une guerre commerciale, se révèle être un marché de dupes monumental.
Premièrement, le volet commercial est un coup de massue pour nos exportateurs. Si l’aéronautique semble épargnée, le reste de nos industries, et notamment le secteur automobile — véritable poumon économique de l’Allemagne et de la France — se voit infliger un tarif douanier unique de 15%. Que vous vendiez des véhicules thermiques, électriques ou des pièces détachées, la punition est la même. En échange de quoi ? Donald Trump a simplement “renoncé” à sa menace de taxer à 30%. Une victoire à la Pyrrhus où l’on accepte de perdre une main pour ne pas perdre un bras.
Mais c’est sur les engagements d’achat que la soumission devient flagrante. L’Union européenne s’est engagée, noir sur blanc, à importer pour 750 milliards de dollars d’hydrocarbures américains d’ici 2030. Gaz naturel liquéfié (GNL), pétrole de schiste… Une promesse qui non seulement alourdit notre dépendance énergétique vis-à-vis de Washington, mais qui transforme les ambitions écologiques de l’Europe en une vaste “mascarade”, pour reprendre les termes de Geoffroy Lejeune.
Le volet militaire est tout aussi accablant. L’Europe a signé pour 600 milliards de dollars d’achats d’armement américain sur cinq ans. F-35, missiles, cyber-sécurité… C’est l’aveu d’échec terrible de l’Europe de la Défense. Au lieu de soutenir nos industries souveraines comme Dassault ou Airbus, nous allons subventionner le complexe militaro-industriel américain, tuant dans l’œuf toute velléité d’indépendance stratégique.
L’Abandon de la Souveraineté Numérique et Juridique
Si l’aspect financier est désastreux, le volet technologique et juridique relève de la servilité volontaire. L’Europe a accepté de ne pas taxer les logiciels et technologies américaines. Le Cloud, l’Intelligence Artificielle, les semi-conducteurs… Les géants de la Silicon Valley (GAFAM) ont désormais un boulevard pour opérer sur le vieux continent sans craindre la fiscalité que l’UE tentait timidement de mettre en place. Les projets de taxation numérique sont gelés, enterrés.
Pire encore, l’accord entérine l’alignement de l’Europe sur les clauses d’extraterritorialité américaines. En clair, nous acceptons d’appliquer les sanctions décidées par Washington contre la Chine ou l’Iran. C’est la reconnaissance officielle que le droit américain prévaut sur le droit européen. Geoffroy Lejeune rappelle avec justesse les précédents douloureux : l’amende record de 8,9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas ou le dépeçage d’Alstom, racheté par General Electric sous la pression judiciaire américaine.
En acceptant ces clauses, Ursula von der Leyen donne les clés de nos prisons et de nos tribunaux aux États-Unis. Toute transaction en dollars, n’importe où dans le monde, place une entreprise ou un citoyen sous la juridiction américaine. C’est une arme de guerre économique redoutable que nous venons de légitimer.
Le Bal des Hypocrites : La Classe Politique Française en Émoi

Face à ce désastre, les réactions à Paris sont virulentes. François Bayrou, pourtant pilier du centre, parle d’un “jour sombre” et de “soumission”. Manuel Bompard (LFI) dénonce une “capitulation”, tandis que Marine Le Pen (RN) ironise sur ce “deal incroyablement déséquilibré” accepté au détriment de nos peuples. Même Bruno Retailleau (LR) et Olivier Faure (PS) y vont de leurs critiques acerbes, parlant de “honte” et de “très mauvaise nouvelle”.
Pourtant, cette indignation collective a un goût amer d’hypocrisie. Comme le souligne cruellement l’analyse, la quasi-totalité de ces partis (Macronistes, LR, PS) ont voté, il y a quelques mois à peine, pour la reconduction d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission. Ils connaissaient sa ligne atlantiste, son appartenance au PPE, et sa proximité idéologique avec les intérêts américains.
“Ils déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes”, disait Bossuet. Cette citation n’a jamais été aussi vraie. Ceux qui pleurent aujourd’hui sur la faiblesse de l’Europe sont ceux-là mêmes qui ont installé et maintenu au pouvoir celle qui a signé cet accord. Seul le RN, qui avait voté contre sa nomination, semble avoir une cohérence dans cette affaire, renvoyant la “Macronie” à ses propres contradictions.
Trump et l’Art de la Négociation : Le Prédateur face à la Proie
Il faut aussi analyser cet événement sous le prisme de la psychologie. Donald Trump n’a pas changé. Il applique à la lettre les méthodes décrites dans son best-seller de 1987, L’Art de la Négociation. Intimidation, création d’un sentiment d’urgence, valorisation de la force… Il a vu arriver Ursula von der Leyen sans mandat fort, sans préparation adéquate, et il l’a “mangée tout cru”.
L’Europe s’est présentée divisée et faible face à un homme qui ne respecte que le rapport de force. Trump défend les intérêts de l’Amérique, et on ne peut pas le lui reprocher. Le drame, c’est que personne, à la table des négociations, n’a défendu les intérêts de l’Europe. Nous sommes passés du statut de partenaire à celui de vassal, payant tribut pour notre sécurité et notre énergie.
Le Silence Complice de l’Élysée
Et Emmanuel Macron dans tout cela ? Le silence est assourdissant. Le chantre de “l’Europe Puissance”, de “l’Autonomie Stratégique”, est aux abonnés absents. Pas une déclaration, pas un tweet. Son monde s’effondre. L’idée que l’Europe puisse être un pôle de stabilité indépendant se fracasse sur la réalité de cet accord.
En réalité, le Président français n’a rien à dire car il n’a plus de levier. En acceptant de jouer le jeu de cette construction européenne technocratique et atlantiste, la France s’est liée les mains. Nous sommes spectateurs de notre propre naufrage.
Cet accord marque peut-être la fin d’une illusion. Celle d’une Europe qui protège. Aujourd’hui, l’Europe ne protège pas ses industries, elle ne protège pas ses frontières commerciales, et elle ne protège pas sa souveraineté juridique. Elle signe des chèques. Des chèques de 750 milliards, de 600 milliards, tirés sur le compte de nos enfants et de notre avenir industriel. Le réveil est brutal, et la gueule de bois risque de durer très longtemps.

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