Présidentielles 2027 : “Ce qui joue en faveur de Bardella, c’est qu’il ne porte pas le nom Le Pen”

C’est une onde de choc qui traverse le paysage politique français, un séisme dont les répliques se font sentir jusque dans les couloirs feutrés des ministères et les états-majors des partis. Loin des éléments de langage habituels et de la langue de bois, les débats récents sur Europe 1 ont mis en lumière une réalité crue, presque brutale : la tectonique des plaques électorales est en train de basculer de manière irréversible. Au cœur de cette tempête, deux figures, deux trajectoires opposées qui dessinent le futur visage de la France : l’ascension fulgurante, presque insolente, de Jordan Bardella, et la dérive inquiétante, conflictuelle, de Jean-Luc Mélenchon.
Le Phénomène Bardella : La Victoire Totale ?
Le chiffre est tombé comme un couperet, glaçant pour certains, porteur d’espoir pour d’autres. Selon un sondage récent commenté avec gravité par les experts, Jordan Bardella ne se contenterait plus de figurer au second tour. Non, si l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, il l’emporterait. Contre qui ? Contre tout le monde.
Édouard Philippe ? Battu (53% contre 47%). Raphaël Glucksmann ? Écrasé (58% contre 42%). Gabriel Attal ? Balayé. Jean-Luc Mélenchon ? Pulvérisé avec un score soviétique de 74% contre 26%.
C’est du jamais vu. Pour la première fois, un candidat du Rassemblement National gagne dans “tous les cas de figure”. Comment expliquer une telle hégémonie ? L’analyse est fine et cruelle pour Marine Le Pen : l’atout majeur de Bardella, c’est justement de ne pas s’appeler Le Pen. Ce nom, chargé d’histoire et de stigmates, reste un repoussoir pour une partie de l’électorat, notamment les retraités et la bourgeoisie conservatrice. Bardella, lui, est “vierge” de ce passé. Il réussit l’impossible équation : conserver le socle populaire du RN tout en captant le vote bourgeois qui se refusait jusqu’alors à l’extrême droite.
On lui reproche son inexpérience ? Ses 30 ans ? L’argument ne porte plus. “Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années”, rappelle-t-on. De Javier Milei en Argentine aux jeunes maires de métropoles mondiales, l’époque a changé. L’expérience des “vieux routiers” de la politique, ceux qui gouvernent depuis 40 ans pour nous mener à la situation actuelle, est désormais vue comme un handicap, voire une preuve d’incompétence. Bardella incarne le “dégagisme” ultime, mais un dégagisme tranquille, en costume-cravate.
Mélenchon et la Stratégie du Chaos
Face à cette machine de guerre électorale, que propose la gauche ? Le contraste est saisissant, pour ne pas dire pathétique. Jean-Luc Mélenchon semble avoir choisi une tout autre voie : celle de la “conflictualisation” permanente, théorisée et appliquée avec zèle.
Les chroniqueurs pointent du doigt une dérive morale alarmante. Le leader insoumis est accusé de soutenir l’indéfendable, notamment dans l’affaire de l’université Lyon 2, où un professeur, Julien Théry, aurait établi une “liste de personnalités juives à boycotter”. Au lieu de condamner fermement, Mélenchon parle de “ciblage de la LICRA” et de “prétextes fallacieux”. Une rhétorique qui, selon les observateurs, flirte dangereusement avec l’antisémitisme ou, à tout le moins, l’alimente.
“Il est le seul dans l’espace politique français à agir comme cela”, s’indigne-t-on sur le plateau. Cette stratégie du bruit et de la fureur, inspirée selon certains de ses racines trotskistes, a un but : cliver, radicaliser, exister par le conflit. Mais le résultat est là : un plafond de verre en béton armé. Mélenchon effraie plus qu’il ne rassemble. Là où Bardella lisse son image, Mélenchon hérisse. Et les sondages le sanctionnent implacablement.
Le Silence Coupable des “Artistes” et la Lâcheté des Institutions

Mais ce qui choque peut-être le plus dans ce tableau de la France actuelle, c’est la lâcheté généralisée qui semble avoir saisi les élites culturelles et institutionnelles.
L’exemple de la marche blanche à Marseille pour Amine Kessassi, jeune victime de la violence, est terrible. 6 000 personnes seulement dans la deuxième ville de France. Où étaient les rappeurs marseillais ? Où étaient Jul, Soprano, ces icônes qui remplissent le Vélodrome et prônent la fierté de la cité ? Absents. Le silence radio.
L’analyse est sans appel : “Ils ont peur”. Peur des représailles, peur des réseaux de drogue qui tiennent les quartiers. Il est tellement plus facile, tellement moins risqué, de signer des tribunes contre le Rassemblement National, de faire la morale sur les plateaux télé parisiens, que de descendre dans la rue pour dénoncer les dealers qui tuent la jeunesse. Cette hypocrisie est insupportable pour de nombreux Français qui voient leurs “idoles” se défiler quand le danger est réel.
De même à l’Université, où l’on “déplore” du bout des lèvres les dérives antisémites sans jamais sanctionner fermement. Une “série de lâches”, voilà comment sont qualifiés ceux qui laissent faire, qui baissent les yeux.
Vers un Changement de Régime ?

Alors que reste-t-il ? Un président, Emmanuel Macron, dont le bilan est jugé sévèrement : “Il va rendre la France dans un état plus délabré que lorsqu’il l’a reçue”. Une insécurité grandissante qui pousse des mères de famille à vouloir fuir Marseille. Un pouvoir d’achat en berne. Et face à ce vide, une seule force semble monter, inexorablement.
On tente de rassurer en disant que le programme économique du RN est faible, que ce sera la catastrophe. Mais l’argument ne prend plus. “On a dit ça pour Mitterrand en 81, pour Trump, pour Meloni… et le ciel ne leur est pas tombé sur la tête”. Les Français semblent prêts à sauter le pas, non plus par colère, mais par adhésion.
Jordan Bardella n’est plus le candidat de la “colère”, il devient le candidat de la “solution” pour une majorité silencieuse qui ne croit plus aux promesses des partis traditionnels. Si la tendance se confirme, 2027 ne sera pas une simple élection, mais un véritable changement de régime. Et personne, ni les artistes silencieux, ni les politiques déconnectés, ne pourra dire qu’il ne l’avait pas vu venir.

Leave a Reply