(1891, Corrèze) Les 14 Jumeaux Identiques Nés de Mères Différentes

L’hiver 1891 frappe durement la corèse. Les sages-femmes du département notent une anomalie troublante. Cet accouchement en l’espace de 3 semaines donne naissance à 14 bébés. Rien d’extraordinaire jusque-là, sauf que ces nouveaux nés partagent tous les mêmes traits physiques avec une précision déconcertante.


Même grains de beauté sur l’épaule gauche, même faussette au menton, même implantation des cheveux. Marie Lachame, sage femme depuis 25 ans dans le canton de Tul, assiste au premier accouchement le 12 janvier. La mère Jeanne Bertrand donne naissance à deux garçons robustes. Rien d’inhabituel dans un accouchement gemellaire, hormis cette ressemblance frappante qui dépasse l’entendement médical.
Les deux nourrissons possèdent une marque de naissance identique sur la nuque en forme de croissant de lune. Tr jours plus tard, Marie assiste une autre parturiante, Hélène Vialat. À quinze kilomètres de là, nouvel paire de jumeaux, nouveaux garçons. Lorsque Marie découvre les nouveaux nez, son sang se glace. Ses enfants sont la copie conforme des premiers, absolument identique.
Elle examine minutieusement les bébés, vérifie leurs membres, leurs crânes, leurs traits. Tout correspond. La marque en forme de croissant sur la nuque, les proportions exactes, le même poids à la naissance. 3,1 g chacun. La sage femme tente de rationaliser peu être une coïncidence.
Les nouveaux nés se ressemblent souvent dans les premiers jours, mais son expérience lui souffle qu’il se passe quelque chose d’anormal. Elle note scrupuleusement ses observations dans son carnet. Mesure précise, description détaillée, heure de naissance. Le 20 janvier, 3è accouchement. Catherine Faugère met au monde deux autres garçons. Marie n’assiste pas à cet accouchement. C’est sa collègue Louise Pradier qui s’en charge. Le soir même, Louise se présente chez Marie, le visage défit.
Elle tient son carnet d’une main tremblante. J’ai besoin que tu vois quelque chose. Les jumeaux nés aujourd’hui, ils ressemblent très pour très à ceux que tu as mis au monde la semaine dernière. Les deux sages-femmes comparent leurs notes. Les mesures concordent au millimètres près. Le pois est identique. Les marques de naissance correspondent.
l’implantation des cheveux, la forme des oreilles, l’écartement des yeux, tout. Marie et Louise alertent immédiatement le docteur Augustin Valallette, médecin cantonal. L’homme a 62 ans et une réputation irréprochable dans tout le département.
Il a traité des cas complexes, assisté à des phénomènes médicaux rares, mais rien ne l’a préparé à cette situation. Le docteur Valette se rend dans les trois foyers. Il examine les six enfants, prend des mesures anthropométriques détaillées, dessine les marques de naissance, photographie les nourrissons avec son appareil récemment acquis. Les clichés révèlent une vérité glaçante.
Ces six enfants pourraient être s’uplés, pas seulement des ressemblances familiales, une identité parfaite. Valette consulte ses manuels médicaux, ses traités d’anatomie, ses correspondances avec d’autres praticiens. Aucun cas similaire recensé. Les jumeaux identiques ? Oui, mais des jumeaux identiques nés de mè différentes impossible selon toutes les théories en vigueur. Chaque grossesse est unique.
Chaque fétus porte les caractéristiques génétiques de ses parents. Comment trois femmes sans lien de parenté pourraient-elles donner naissance à des enfants absolument identiques ? Le 28 janvier, 4e accouchement, Marguerite Delpêche, une jeune femme de 23 ans du village de Naves. Deux nouveaux garçons, même caractéristiques, même marque en croissant, même poids, même tout. Le docteur Valette réalise qu’il fait face à une énigme médicale majeure.
Il contacte ses confrères à Paris, à Lyon, à Bordeaux, envoie des télégrammes urgents à l’académie de médecine, joint des photographies et des relevés détaillés. Les réponses tardent, mais quand elles arrivent, elles expriment tout le même scepticisme. Supercherie, erreur de mesure, confusion entre les enfants. Mais Valette connaît son métier.
Il a vérifié, revérifié, contrevérifié. Les mères ne se connaissent pas. Elles vivent dans des villages différents, à plusieurs dizaines de kilomètres les unes des autres. Elles appartiennent à des milieux sociaux variés. Jeanne Bertrand est fermière. Hélène Vialat, fille de notaire. Catherine Faugère, épouse d’un charpentier. Marguerite Delpêche, couturière, aucun lien apparent.
Le 3 février, 5e accouchement, Pauline Escofier, deux garçons identiques au précédent. Le 10 février, 6e accouchement, Rose Lavergne, deux garçons, toujours la même configuration. Le 15 février, 7e et dernier accouchement, Gabriel Rousell. Deux garçons, enfants en tout, nés de sept mères différentes, tous absolument identiques.
Le docteur Valallette constitue un dossier exhaustif. Il établit un tableau comparatif de toutes les mères, âge, origine, antécédents médicaux, conditions de vie. Il cherche un dénominateur commun, une eau de source qu’elles auraient toutes bu, un aliment qu’elles auraient consommé, un lieu qu’elles auraient fréquenté, un événement auquel elles auraient participé. Les sept femmes ont entre 22 et 34 ans.
Trois sont des primipars, quatre ont déjà eu des enfants. Leurs grossesses se sont toutes déroulées normalement. Pas de complication particulières. Les accouchements ont été classiques sans intervention médicale majeure. Valette interroge les maris. Aucun lien entre eux non plus.
Pas de famille communes remontant sur plusieurs générations, pas de relations professionnelles. Certains ne se connaissent même pas de vue. Le médecin élargit son enquête. Il découvre que les sept femmes ont toutes consulté la même guérisseuse l’été précédent, une certaine Amélie Chaber qui habite à un hameau isolé près d’Argenta. Cette femme d’une soixantaine d’années jouit d’une réputation solide dans la région.
On la consulte pour les mots que la médecine conventionnelle peine à soigner. Problème de fertilité. Douleur chronique, maladie de peau. Valette se ranchit Amélie Chaber le ving février. La guérisseuse vit seule dans une maison de pierre entourée d’un jardin médicinal. Elle cultive des plantes, prépare des décoctions, des ongans, des tisanes. Son savoir se transmet depuis des générations dans sa famille.
Amélie confirme avoir reçu les sept femmes entre juin et août 1890. Toutes se plaignait de difficultés à concevoir malgré des essais répétés. La guérisseuse leur a préparé un traitement identique, une tisane composée de sept plantes différentes à boire matin et soir pendant trois mois.
Achil 1 feuilles, alchémille, orti, framboisier, sauge, gâilier et une dernière plante qu’elle refuse de nommer prétextant le secret professionnel. Le docteur Valette insiste. L’enjeu dépasse maintenant les simples convenances. 14 enfants identiques représentent une anomalie médicale sans précédent. Amélie finit par céder.
La septième plante provient d’un spécimen rare qu’elle cultive dans une partie reculée de son jardin. Une variété de digital qu’elle a elle-même développé par croisement successif sur plusieurs années. Valette demande à examiner cette plante. La guérisseuse le conduit à travers son jardin jusqu’à un carré protégé par un petit muret de pierre.
Là pousse une vingtaine de plans aux feuilles dentelées et aux fleurs pourpres. Amélie explique avoir obtenu cette variété en croisant une digitale pourpre locale avec une espèce ramenée des Pyrénées par son grand-père, lui-même guérisseur. Le médecin prélève quelques échantillons, note l’apparence de la plante, dessine ses caractéristiques.
Il demande si d’autres femmes ont consommé cette tisane. Amélie secoue la tête. Seulement ces c là durant cette période précise. Elle avait récolté suffisamment de digital pour préparer leur traitement. Puis la floraison s’était terminée. De retour à Tul, Valette analyse ses échantillons. Il n’a pas l’équipement nécessaire pour une étude chimique poussée.
Il expédie les plans à un confrère botaniste de l’université de Clermontferrand, le professeur Édouard Chalvet. La réponse arrive trois semaines plus tard. Le professeur Chalvet a identifié dans la digitale d’Amélie des composés inhabituels, des glycosides cardiotoniques, certes présents dans toutes les digitales, mais aussi d’autres molécules qu’il ne parvient pas à identifier avec certitude.
Ces substances semblent avoir une structure proche des alcaloïdes mais avec des propriétés distinctes. Chalvette suggère que ses composés pourraient avoir affecté le développement embryonnaire des fêtus, non pas en causant des malformations, mais en influençant d’une manière ou d’une autre le processus de différenciation cellulaire. Une hypothèse audacieuse aux limites des connaissances médicales de l’époque.
Pendant ce temps, les 14 enfants grandissent. À si semaines, il présente toujours la même identité physique parfaite, même rythme de croissance, même poids à quelques grammes près, même développement moteur. Les mères commencent à se rencontrer intrigué par cette situation extraordinaire. Elles forment un groupe informel, échange sur leur grossesse, compare leurs expériences.
Toutes confirment avoir bu la tisane d’Amélie pendant 3 mois exactement. Toutes sont tombées enceintes dans les 6 semaines suivant le début du traitement. Les conceptions ont eu lieu entre septembre et novembre. Les accouchements entre janvier et février 1891. Le docteur Valette élabore plusieurs théories.
La première, la tisane contenait une substance qui a standardisé le matériel génétique des embryons. Mais comment ? Les mécanismes de l’hérédité restent mystérieux en 1891. Les travaux de Mandel sur les poids sont méconnus. La génétique moderne n’existe pas encore. Deuxième théorie, les sept femmes ont été exposées à un agent externe qui a modifié leurs ovules de manière identique.
Mais quel agent et comment expliquer que seules ces sept femmes aient été affectées ? Troisème théorie, pure coïncidence statistique. Cette paire de jumeaux qui se ressemblent par hasard. Valette rejette rapidement cette option. Les probabilités d’une telle occurrence sont infinitésimales.
Sans compter que la ressemblance va bien au-delà du simple physique, les enfants partage les mêmes réflexes, les mêmes réactions, le même tempérament. En mars 1891, le cas attire l’attention de l’Amémie de médecine à Paris. Une commission d’enquête est constituée.


Trois médecins éminents se déplacent en corèse pour examiner les enfants et interroger les familles. Le professeur Henry Deschamp, spécialiste en anatomie, le docteur Jules Ferrand, expert en maladies héréditaires, et le docteur Claude Tessier, physiologiste reconnu. Les trois hommes passent deux semaines à Tul et dans les villages environnants. Ils examinent chaque enfant avec une minutie extrême, prennent des mesures au pieds à coulisse, pèent les bébés sur des balances de précision, photographie sous tous les angles, dessine les caractéristiques anatomiques, prélève des échantillons de cheveux, d’ongles,
de salive. Les conclusions de la commission tombent le 5 avril. Rapport officiel de 32 pages. Les médecins confirment l’identité physique parfaite des 14 enfants. Ils écartent toute supercherie. Les mères n’ont pas échangé leur bébé. Les familles ne sont pas complices d’une mystification.
Le phénomène est authentique, mais la commission refuse de se prononcer sur les causes. Trop d’inconnu, pas assez de données. L’explication de la tisaneur semble fantaisiste. Comment une simple décoction de plantes pourrait-elle produire un effet aussi radical sur le développement humain ? Il préfère parler d’une anomalie naturelle exceptionnelle sans précédent recensé dont les mécanismes échappent à la science actuelle. Le rapport provoque un débat houleux au sein de l’académie.
Certains membres accusent la commission de laxisme, d’autres demandent une enquête plus poussée. Quelques-uns suggèrent que les enfants soient placés sous surveillance médicale permanente dans un établissement parisien. Cette dernière proposition soulève l’indignation des familles et de la population locale.
Le préfet de la Corèse intervient. Pas question de séparer les enfants de leur mère. Ces familles ont le droit de vivre normalement. Les autorités médicales peuvent continuer leurs observations mais sans perturber la vie quotidienne des gens. Les mois passent. Les 14 garçons grandissent.
À 6 mois, ils ont tous percé leurs premières dents le même jour. À mois, ils se tiennent tous debout en même temps. À un an, ils prononcent leurs premiers mots dans un synchronisme troublant. Le docteur Valette continue ses observations. Il visite régulièrement les familles, note le moindre développement, compare les progressions.
L’identité persiste non seulement physique mais aussi comportementale. Les 14 enfants manifestent les mêmes préférences alimentaires, pleurant aux mêmes heures de la nuit, réagissent de la même façon au stimuli externe. Cette synchronisation dépasse l’entendement. Valette se demande si les enfants ne partageraient pas une sorte de connexion invisible. Une pensée qu’il garde pour lui, craignant le ridicule.
La médecine de 1891 ne laisse aucune place à de telle spéculation. Les mères, elles commencent à observer des phénomènes étranges. Jeanne Bertrand raconte que ses jumeaux se réveillent systématiquement quand l’un des autres enfants pleure, même à plusieurs kilomètres de distance.
Hélène Vialat note que ses fils refusent de manger un aliment nouveau le jour même où les autres familles rapportent un rejet identique. Ces anecdotes circulent, s’amplifient. Le village commence à murmurer. Certains parlent de malédiction, d’autres de miracles. L’église locale s’inquiète. Le curé de Tul, l’abé Clément Bart, demande à rencontrer les familles.
Il veut s’assurer qu’aucune pratique occulte n’est à l’origine de cette situation. L’abbé examine les circonstances. interroge Amélie Chabert longuement. La guérisseuse jure n’avoir utilisé que des plantes, rien d’autre, pas d’incantation, pas de rituel, seulement son savoir traditionnel transmis par ses ancêtres.
L’abbé finit par se ranger à cette version. Il bénit les 14 enfants lors d’une cérémonie spéciale et déclare qu’il s’agit d’un mystère de la nature que seul Dieu peut expliquer. À 10 à huit mois, un premier incident survient. L’un des jumeaux de Marguerite Delpêche tombe gravement malade. Fièvre élevée, convulsion, délire. Le docteur Valette diagnostique une méningite.
L’enfant est entre la vie et la mort pendant 3 jours. Et pendant ces trois jours, les 13 autres enfants présentent des symptômes similaires. Pas aussi grav mais identifiable. fièvres modérées, agitation, pleurs inhabituelles. Quand le petit Delpêche sort de l’état critique et commence à se rétablir, les tr autres retrouvent simultanément leur état normal. Valette documente minutieusement cet épisode.
Il ne peut s’agir d’une coïncidence. La corrélation est trop nette. Il émet une hypothèse audacieuse. Les 14 enfants seraient reliés par un mécanisme physiologique inconnu, une sorte de résonance biologique. Quand l’un souffre, les autres ressentent un écho de cette souffrance. L’idée est révolutionnaire, dangereuse aussi. Si elle se répandait, on l’accuserait de charlatanisme.
Valette en parle uniquement à son ami, le professeur Chalvet, le botaniste de Clermontferrand. Ce dernier trouve l’hypothèse moins folle qu’il n’y paraît. Il cite des exemples dans le règne végétal. Des arbres d’une même espèce qui réagissent à distance quand l’un d’eux est attaqué par des parasites.
Des champignons reliés par des réseaux souterrains qui communiquent des informations. Pourquoi pas des êtres humains dans des circonstances exceptionnelles. Les deux hommes échangent une correspondance suivie. Il tentent d’élaborer une théorie cohérente, mais les connaissances de l’époque sont trop limitées. Il butent sur des questions fondamentales.
Comment cette connexion fonctionnerait-elle ? Par quel canal ? Quelle énergie la soutiendrait ? À 2 ans, nouvel incident. Cette fois, ce sont les jumeaux de rose lavergne qui sont impliqués. L’un d’eux se brûle gravement la main sur un poil. Les tr autres enfants se mettent à pleurer au même instant, tenant leurs main droite comme s’ils ressentaient la même douleur. Les mères affolées se retrouvent avec des enfants inconsolables pendant des heures.
Ces événements créent un climat de peur. Les familles commencent à s’isoler. Certaines envisagent de déménager loin de la corèse. D’autres demandent conseils au docteur Valette. Que faire ? Comment protéger ses enfants ? Comment les élever normalement quand tout en eux est anormal ? Valette tente de rassurer.
Il explique que cette connexion, quelle qu’elle soit pourrait s’atténuer avec le temps. Le développement cérébral des enfants va se poursuivre. Leurs personnalités vont se différencier. L’identité physique persistera peu être, mais les comportements divergeront. C’est du moins ce qu’il espère. En, l’affaire remonte jusqu’au ministère de l’intérieur.
Le gouvernement s’inquiète, non pas pour des raisons médicales, mais pour des questions d’identité civile. Comment gérer 14 individus strictement identiques ? Les papiers d’identité se basent sur des caractéristiques physiques, taille, couleur des yeux, signes particuliers. Mais ces enfants partagent tout, absolument tout. Un haut fonctionnaire, Édouard Peltan est dépêché en Corè sa mission.
Évaluer si ces 14 garçons représentent un problème pour l’administration française. Peuvent-ils recevoir des papiers d’identité distincts ? Comment s’assurer qu’on ne les confondra pas ? temps rencontre les familles, examine les enfants, maintenant âgés de 2 ans et demi. Il constate que l’identité physique reste parfaite.
Même taille au centimètres près, même poids à 50 g près, même visage, même démarche, même voix. Le fonctionnaire rédige un rapport alarmiste. Il recommande que des mesures spéciales soient prises peut être marqué les enfants d’une manière distinctive, un tatouage, une cicatrice volontaire, quelque chose qui permettrait de les différencier officiellement.
La proposition provoque un toolé. Les maires refusent catégoriquement. Marquer leurs enfants comme du bétail ? Jamais. Le préfet soutient les familles. Le docteur Valette monte au créneau. Ses enfants sont des êtres humains, pas des curiosités administrative. Finalement, un compromis est trouvé.
Les 14 garçons recevront des papiers d’identité normaux, mais avec une mention spéciale notée dans les registres d’état civil. Cette mention indiquera qu’ils font partie d’un groupe de 14 individus aux caractéristiques physiques identiques nés en janvier-février 1891 en Corè. En 1894, les enfants atteignent l’âge scolaire.
Nouvelle problématique, comment les intégrer dans les écoles locales ? Faut-il les séparer ? Les regrouper ? Les instituteurs s’inquiètent ? Comment distinguer les élèves ? Comment évaluer leur travail individuellement ? Le docteur Valette suggère que les enfants soient scolarisés dans leur village respectif. Pas de regroupement. Chaque père de jumeaux intègre l’école la plus proche de son domicile.
Cette dispersion permettrait peu être de favoriser le développement de personnalités distinctes. La rentrée de septembre 1894 confirme les craintes. Les 14 garçons manifestent les mêmes aptitudes scolaires. Ils apprennent à lire à la même vitesse, forment leurs lettres de manière identique, résolvent les problèmes arithmétiques avec les mêmes méthodes.
Les instituteurs, pourtant séparés par plusieurs kilomètres, rapportent des progressions strictement parallèles. Plus troublant encore, les enfants semblent apprendre les uns des autres à distance. Quand l’un découvre une nouvelle notion dans son école, les tr autres la maîtrisent simultanément, même si leurs instituteurs ne l’ont pas encore enseigné. Ce phénomène défie toute logique pédagogique.
Le docteur Valette intensifie ses observations. Il met en place un protocole expérimental simple. Ils choisitent un des garçons au hasard et lui enseigne personnellement un mot nouveau, un mot rare que l’enfant ne peut connaître en téléchi.
Vent quatre heures plus tard, il rend visite aux autres familles et interroge leurs enfants. Tous connaissent le mot, tous peuvent l’utiliser dans une phrase. Cette expérience répétée plusieurs fois avec des variations produit toujours le même résultat. Les 14 enfants partagent non seulement leurs sensations physiques, mais aussi leurs connaissances.
Ils forment une sorte d’entité cognitive collective tout en restant des individus distincts. Valette présente ses découvertes à l’Académie de médecine en janvier 1895. Son exposé suscite des réactions mitigées. Certains confrères l’accusent d’exagération, d’autres demandent des preuves plus solides. Quelques-uns, plus ouverts reconnaissent qu’il se passe effectivement quelque chose d’extraordinaire avec ses enfants.
Le professeur des champs qui avait fait partie de la première commission d’enquête demande à revenir en Corèe. Il veut constater par lui-même ses phénomènes d’apprentissage synchronisés. En mars il passe trois semaines à observer les enfants maintenant âgés de ans, déchandonçoit des tests plus élaborés. Il isole un enfant, lui fait résoudre un puzzle complexe puis teste les autres sans leur donner d’indice.
Résultat, tous réussissent le puzzle du premier coup comme s’ils l’avaient déjà assemblé. Le professeur teste ensuite avec des tâches motrices apprendre à jongler avec trois balles. Un seul enfant reçoit la leçon. Deux jours plus tard, les 13 autres jonglent avec la même maîtrise.
Les conclusions de Deschamps sont prudentes mais significative. Il admet l’existence d’une forme de transmission d’information entre les enfants. Il refuse d’employer le terme télépathie, trop connoté. Il parle plutôt de résonance cognitive, un phénomène qu’il ne peut expliquer mais qu’il ne peut plus nier. Entre 1895 et 1900, les 14 garçons grandissent dans une relative tranquillité.
Les familles ont appris à vivre avec cette situation exceptionnelle. Les villageois se sont habitués. Les enfants eux-mêmes ne connaissent rien d’autre que cette existence particulière. Pourtant, des difficultés émergent. À mesure que les enfants développent leur conscience de soi, ils réalisent leur situation unique.


Vers six ou sept ans, ils commencent à poser des questions. Pourquoi ressemble-t-il aux autres garçons des villages voisins ? Pourquoi ressentent-ils ce que les autres ressentent ? Pourquoi savent-ils des choses qu’on ne leur a pas apprises ? Les mères tentent d’expliquer, tâche délicate.
Comment faire comprendre à un enfant qu’il est lié à très autres de manière inexplicable ? que la science elle-même ne peut élucider son cas. Certaines familles choisissent la transparence totale, d’autres préfèrent minimiser. Parle d’une simple ressemblance familiale. Le docteur Valette continue ses visites régulières. Il a maintenant 54 ans. Cette affaire est devenue l’œuvre de sa vie. Il a accumulé des milliers de pages de notes, de dessins, de tableaux comparatifs.
Son objectif constituer un dossier exhaustif qui servira aux générations futures de médecins et de scientifiques. Valette observe que l’identité physique persiste. À 8 ans, les 14 garçons mesurent exactement 1,26. Ils pèsent tous 26 kg. Leur dentition se développent au même rythme. Leurs cheveux poussent à la même vitesse. Leur voix mu ensemble.
quand arrive la puberté, mais des différences commencent à apparaître légères, presque imperceptible mais réelles. L’un des garçons, celui élevé par Gabriel Rousell, montre un talent particulier pour le dessin. Un autre, chez Paulinescofier excelle en calcul mental au-delà de la moyenne. Ces variations interpellent valette.
Elles suggèrent que l’environnement peut influencer le développement des capacités, même dans un groupe d’identiques absolus. À ans, un événement dramatique bouleverse l’équilibre précaire. Le père de l’un des jumeaux de Catherine Faugère meurt subitement d’une crise cardiaque. L’enfant, témoin de la scène subit un choc traumatique violent et dans les minutes qui suivent, les tris autres garçons s’effondrent simultanément pris de crises d’angoisse inexplicable. Les mères à courent chez leurs voisins affolées.
Personne ne comprend ce qui se passe. Les enfants hurlent, tremblent, appellent leur père. Pourtant, les pères des trutres sont bien vivants présents, mais les garçons ne les reconnaissent pas. Ils sont perdus dans la détresse de leur double frappé par le deuil. La crise dure plusieurs heures. Progressivement, les enfants se calment.
Mais tous gardent un traumatisme de cet épisode. Tous pleurent en la mort d’un homme qu’ils n’ont jamais rencontré, le père de leur altère égoistant. Le docteur Valette documente ce nouveau phénomène. La connexion ne se limite donc pas aux sensations physiques et aux apprentissages cognitif. Elle englobe aussi les émotions profondes, les traumatismes psychologiques.
Ces enfants ne sont pas seulement des jumeaux identiques. Ils forment une seule conscience distribuée dans 14 corps. Cette révélation trouble profondément Valette. Il en discute avec le professeur Chalvet. Les deux hommes tentent d’imaginer ce que vivent ces enfants.
Ont-ils conscience d’être multiple ? Se perçoivent-ils comme 14 individus ou comme une seule entité ? Question vertigineuse auxquelles ils ne peuvent répondre. Valette décide d’interroger directement les enfants. Avec précaution, avec douceur, il choisit l’un des garçons les plus articulés, celui qui vit chez Jeanne Bertrand. L’enfant accepte de parler. Docteur, je suis moi, mais je suis aussi les autres. Quand mon frère de Naves a mal, je sais où il a mal.
Quand celui d’Argenta apprend quelque chose, je le sais aussi. C’est comme si j’avais 14 pères dieu, 14 paires d’oreilles, 14 bouches. Je vois ce qu’ils voient ce qu’ils entendent, je goûte ce qu’il goûtent. Le témoignage glace valette. L’enfant décrit une expérience sensorielle inimaginable, une existence démultipliée qui défie toutes les conceptions de l’identité individuelle. Estce difficile ? demande le médecin.
Parfois, surtout la nuit quand je dors, je rêve leurs rêve. 14 rêves en même temps, c’est fatiguant mais pendant la journée, c’est bien. Je ne suis jamais seul. Les années 1900 à 1905 marquent l’entrée dans l’adolescence. Les 14 garçons développent les mêmes caractéristiques pubertaires au même moment.
Voix qui mu, pilosité qui apparaît, croissance qui s’accélère. À quinze ans, ils mesurent tous mante et pèse kg. Mais l’adolescence amène aussi des complications nouvelles. Les premiers et mois amoureux, les 14 garçons tombent amoureux de jeunes filles de leur village respectif. Et quand l’un ressent l’attraction, les tr autres la ressentent aussi. Cette situation crée des scénarios absurdes.
Un garçon qui rougit en classe sans raison apparente parce que son double à vingts kilomètres vient de croiser l’objet de son affection. Les familles s’inquiètent. Comment ces garçons pourront-ils mener une vie sentimentale normale ? Comment construire une relation amoureuse quand les autres personnes partagent chaque émotion, chaque sensation ? Le docteur Valallette, maintenant âgé de 7-6 ans, continue ses observations.
Il constate que la connexion semble légèrement s’atténuer avec l’âge. Les transmissions d’informations restent efficaces, mais les réactions émotionnelles deviennent moins automatiques. Les garçons apprennent à filtrer, à distinguer leur propre sensation de celle de leur double. Cette évolution rassure Valette. Elle suggère que le cerveau humain possède une plasticité suffisante pour s’adapter même à des situations aussi extraordinaires.
Les 14 garçons développent des stratégies cognitives pour gérer leur multiplicité. Il créent des barrières mentales, des zones d’intimité qu’ils parviennent à préserver. En 1905, ils ont tous 14 ans. Le moment approche où ils devront choisir une orientation professionnelle. Certaines familles envisagent l’apprentissage d’un métier. D’autres espèrent que leurs fils poursuivront des études secondaires. Le docteur Valallette encourage la diversification.
Si les 14 garçons apprennent des métiers différents, peu être pourront-ils développer des compétences distinctes, renforcer leurs individualités. Il suggère que l’un devienne menuisier, un autre forgeron, un troisième instituteur et ainsi de suite. Mais la réalité économique s’impose.
Les familles n’ont pas toutes les moyens de financer des apprentissages coûteux. Plusieurs garçons doivent se contenter de travailler au champ avec leurs parents. D’autres trouvent des places d’apprenti chez des artisans locaux. Seulement deux parviennent à intégrer le lycée de Tues. Cette disparité professionnelle produit un effet inattendu.
Les garçons qui travaillent manuellement développent une musculature plus marquée. Leurs mains se durcissent, se calosent. L’identité physique commence enfin à se fissurer. Pas de manière spectaculaire, mais suffisamment pour qu’on puisse les distinguer en observant attentivement. En aût 1914, la guerre éclate.
Les 14 garçons ont maintenant 23 ans. Tous sont célibataires. Aucun n’a réussi à construire une relation amoureuse stable, handicapée par leur connexion envahissante. Tous reçoivent leur ordre de mobilisation le même jour. Le départ pour le front constitue une épreuve terrible pour les familles et pour les garçons eux-mêmes.
Pour la première fois depuis leur naissance, ils vont être séparés géographiquement sur de grandes distances, plongé dans des situations de danger extrême. Le docteur Valette, maintenant âgé de 85 ans et affaibli, craint le pire. Si l’un des garçons est tué au combat, comment les autres réagiront-ils ? La connexion survivra-t-elle à la mort de l’un d’entre eux ? questions angoissantes auxquelles personne ne peut répondre.
Les 14 soldats sont affectés à différentes unités. La plupart rejoignent des régiments d’infanterie. Deux sont versés dans l’artillerie, un devient infirmier. Cette dispersion militaire offre involontairement l’occasion d’une expérience grandeur nature sur les limites de leur connexion.
Les premiers mois de guerre sont effroyables. Les combats de septembre 1914 font des dizaines de milliers de morts. Les familles encorises vivent dans l’angoisse permanente. Chaque jour peut apporter la terrible nouvelle. Et si un des garçons tombe, que deviendront les tr autres ? Le miracle se produit.
Les 14 survivent aux batailles de la Marne, mais plusieurs sont blessés. L’un reçoit un éclat d’obus dans la cuisse. Deux autres sont gazés lors d’une attaque allemande. Un quatriè souffre d’une commotion cérébrale après l’explosion d’un obu à proximité. Chaque blessure affecte les tr autres. Les mères restées au village observent leur fils non mobilisés se plaindre de douleurs fantôme.
Le jeune homme devenu infirmier, épargné par les combats directs, ressent dans sa propre chair les souffrances de ses doubles au front. Le docteur Valette corresponde avec les services de santé militaire. Il explique la situation particulière des 14 soldats. Il demande qu’on évite dans la mesure du possible de les exposer tous simultanément à des dangers mortels.
Requête difficiles à satisfaire dans le chaos de la guerre mais qui trouve un écho auprès de certains officiers éclairés. En 1915, l’un des garçons est gravement blessé à Verdin et ventré par un tir de mitrailleuse. Il survit miraculeusement à ses blessures, rapatrié à l’hôpital de Clermontferrand.
Pendant sa convalescence de 6 mois, les 13 autres manifestent des symptômes digestifs chroniques. Ils maigrissent tous, perdent de l’appétit. Récente des douleurs abdominales diffuses. Cette épreuve collective renforce paradoxalement leur résilience. Les 14 hommes développent une capacité de résistance exceptionnelle. Ils puissent dans leur multiplicité une force que les soldats ordinaires ne possèdent pas. Quand l’un faiblit, les 13 autres le soutiennent mentalement.
Cette solidarité invisible les aide à traverser les pires moments. En novembre 1910 à 8, l’armistice s’est signée. Les 14 hommes ont survécu. Tous. Certains portent des blessures, des cicatrices, des traumatismes, mais tous rentrent vivants. Fait statistiquement improbable compte tenu de la mortalité dans les régiments français. Le docteur Valette ne verra pas leur retour.
Il meurt en juillet à l’âge de foq ans. Son œuvre reste des milliers de pages documentant le cas le plus extraordinaire de l’histoire de la médecine. Avant de mourir, il a confié ses archives à l’académie de médecine avec instruction de les conserver précieusement. Les 14 hommes démobilisés en 1910 à reprennent leur vie en corise.
Ils ont maintenant 28 ans. La guerre les a changé. durcissent. Ils ont vu la mort de près, ont affronté l’horreur des tranchées. Leur connexion a évolué. Elle reste présente mais moins envahissante. Comme si l’expérience traumatique avait créé des cloisons mentales plus étanches. Certains se marient difficilement. Les épouses doivent accepter cette situation unique.
Vivre avec un homme qui partage ses sensations avec tris autres. Les grossesses deviennent un sujet d’angoisse. Les enfants nés de ces unions hériteront-ils de cette particularité ? Les médecin surveille de près les premières naissances. Entre 1920 et 1925, six des 14 hommes deviennent pères. Aucun de leurs enfants ne présente de connexions particulières.
Ni entre eux, ni avec leurs cousins. Le phénomène ne se transmet pas. Cette découverte rassure les familles tout en posant de nouvelles questions. La connexion était-elle uniquement due à la tisane d’Amélie Chaber ? Pourquoi n’a-t-elle affecté que cette génération ? Amélie elle-même est morte en 1910 en portant ses secrets. Saon et son jardin ont été vendus. Les plans de digital ont disparu.
Personne n’a réussi à reproduire sa tisane. Le professeur Chalvet a bien tenté des expériences avec les échantillons qu’il conservait, mais les composés actifs s’étaient dégradés. Le mystère reste entier. Les 14 hommes atteignent la quarantaine. Ils ont maintenant des vises établies. Certains sont artisans, d’autres agriculteurs. Deux sont devenus instituteurs. Un tient une épicerie.
Il se voit régulièrement lors de rassemblements familiaux. Ces rencontres ont quelque chose de surréaliste. Strictement identiques, malgré les années, malgré les métiers différents, malgré les expériences diverses, car l’identité physique persiste. À 40 ans, ils mesurent tous 1,76, pèse 71 kg.
Leurs cheveux grisonnent au même rythme, leurs rides se creusent aux mêmes endroits. Cette permanence fascine et inquiète. Un jeune médecin de Tul, le docteur François Mercier, reprend le flambeau du docteur Valette. Il consulte les archives, étudie les notes, interroge les 14 hommes. Mercier appartient à une nouvelle génération. Il a étudié les travaux récents sur l’hérédité. Il connaît les théories sur les chromosomes, les gènes.
Il tente d’interpréter le phénomène à la lumière de ses nouvelles connaissances. Mercier émet l’hypothèse que la tisane d’Amélie a pu contenir une substance mutagène qui a altéré les gamètes des sept femmes de manière identique. Cette altération aurait produit des embryons génétiquement uniformes comme des clones naturels.
Mais cette théorie ne peut expliquer la connexion cognitive et émotionnelle. Les gènes ne transmettent pas d’information en temps réel entre individus séparés. Le mystère demeure et les 14 hommes continue leur vie portant ce fardeau unique. Certains ont accepté leurs conditions, d’autres la vivent comme une malédiction.
Quelques-uns ont tenté de s’isoler, de couper la connexion par la distance sans succès. Même à des centaines de kilomètres, le lien persiste. En 1950, les 14 hommes ont 59 ans. La seconde guerre mondiale les a épargné, trop âgé pour être mobilisé. Leurs enfants, eux, ont combattu. Certains sont morts. Ces pertes ont ravivé les douleurs partagées.
Quand l’un pleure son fils tombé en Normandie, les 13 autres verse les mêmes larmes. Le docteur Mercier continue ses observations. Il a maintenant un demi-siècle de recul supplémentaire par rapport au docteur Valette. Il constate que la connexion s’est encore atténuée avec l’âge. Les transmissions d’informations restent possibles mais demandent un effort de concentration.
Les douleurs partagées sont moins intenses comme si le réseau neuronal qui les reliait se dégradait progressivement. Cette évolution suggère que la connexion était peu être liée à la plasticité cérébrale, plus importante dans l’enfance et l’adolescence. Avec le vieillissement, les cerveaux deviennent moins malléables et la connexion s’affaiblit. En 1960, les 14 hommes célèbrent leurs 69 ans.
Tous sont en vie. Tous ontvécu à deux guerres mondiales, aux maladies, aux accidents. Leur longévité commune intrigue est-elle liée à leurs conditions particulières, bénéficiant-il d’une forme de protection collective ? Le premier décès survient en 1962. L’un des hommes, celui qui vivait chez Paulinescfier, meurt d’une crise cardiaque. Il a 60 et 11 ans.
Et au moment précis de sa mort, les tr autres s’effondrent. Perte de conscience brutale, convulsion, plusieurs sont hospitalisés. Tous survivent à ce choc, mais tous gardent des séquelles comme si une partie d’eux-mêmes étaient mortes avec leur double. Le docteur Mercier documente minutieusement cet événement. Il confirme que la mort de l’un affecte profondément les autres.
La connexion, même affaiblie, reste suffisamment forte pour transmettre le traumatisme ultime. Entre 1962 et 1970, sept autres décès surviennent. Chaque fois, les survivants subissent le même choc. Chaque fois, ils s’affaiblissent un peu plus. En 1970, il ne reste que six des 14 hommes originaux.
Ils ont soixante ans diminués, fatigués, portant le poids de huit morts partagées. Le dernier survivant meurt en 1975 à l’âge de 84 ans. Avec lui s’éteint l’un des mystères médicaux les plus troublants du 20e m siècle. Les archives du docteur Valallette et du docteur Mercier sont conservés à l’Académie de médecine à Paris.
Des milliers de pages témoignent de cette histoire extraordinaire. Des chercheurs ont tenté de percer le secret. Des analyses génétiques ont été effectuées sur des échantillons conservés. Les résultats confirme une identité génétique parfaite entre les 14 hommes comme des jumeaux monozygotes multipliés par 7. Mais aucune explication n’a été trouvée pour expliquer comment cette identité a pu se produire chez des enfants nés de mè différentes. La tisane d’Amélie Chaber reste le principal suspect.
Mais sans la plante originale, sans la recette exacte, impossible de reproduire l’expérience. D’ailleurs, personne ne voudrait reproduire cette expérience. Les 14 hommes ont vécu une existence hors norme, mais aussi douloureuse, privée d’intimité véritable, condamné à partager chaque joie et chaque souffrance. Leur vie fut un sacrifice involontaire au nom d’une science qui ne pouvait les comprendre.
Aujourd’hui, leurs descendants vivent normalement en Corè et ailleurs. Ils se réunissent parfois, célèbrent la mémoire de leurs ancêtres extraordinaire. Certains conservent des photographies. 14 hommes identiques, alignés, souriant à l’objectif. Image troublante d’une impossibilité devenue réalité.
Les scientifiques continuent d’étudier le dossier. Les progrès de la génétique moderne offrent de nouvelles pistes d’interprétation. Certains parlent d’épigénétiques, de modifications environnementales de l’expression génique. D’autres évoquent des phénomènes quantiques, des intrications de particules au niveau neuronal.
Spéculation fascinante mais invérifiable. Le cas des 14 jumeaux de Corèse demeure un mystère, un témoignage des limites de notre compréhension du vivant. Un rappel que la nature recelle encore des secrets profonds et peut être quelque part dans une forêt corésienne, pousé il encore un plan de digital aux propriétés extraordinaire, attendant qu’une main curieuse le découvre et réveille des possibilités oubliées. M.

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