Erik Tegnér : “L’école est polluée par le problème migratoire”

L’école au bord du chaos : violences, peur et l’aveu glaçant du “pas de vague” qui déchire l’Éducation Nationale


Article: L’école au bord du chaos : violences, peur et l’aveu glaçant du “pas de vague” qui déchire l’Éducation Nationale

Le système éducatif français est-il en train de s’effondrer ? C’est la question brutale et angoissante qui a dominé un récent débat radiophonique, transformé en cri d’alarme par des enseignants, des parents et des experts. Loin des discours lénifiants du ministère, les témoignages recueillis dressent le portrait d’une École Nationale à l’agonie, rongée par une violence qui ne cesse de s’intensifier, par l’abandon de l’autorité et par une crise d’identité et d’intégration que personne ne semble vouloir ou pouvoir gérer. Les intervenants, dont Joakim Lefloimad, auteur de Main basse sur l’Éducation nationale, ont mis en lumière une réalité terrifiante : le sanctuaire républicain est devenu un réceptacle des fractures sociales, où la peur dicte désormais la loi, et où l’administration est soit impuissante, soit complice d’une dangereuse politique du silence.


Le Sanctuaire Brisé : L’Ère de la Peur et de l’Impuissance

Le constat est unanime : l’école n’est plus un lieu sûr. La violence y a explosé, obligeant certains personnels à prendre des mesures désespérées pour assurer leur survie. L’exemple d’un professeur contraint de ramener une pioche pour se protéger en classe rappelle la tragédie de Samuel Paty, qui, livré à l’abandon de son administration, avait dû cacher un marteau dans son sac, sentant l’agression venir. Ces actes d’auto-défense sont l’illustration la plus crue du désarroi face à l’administration, accusée de perpétuer le « pas de vague ».

Cette politique de l’autruche, qui consiste à euphémiser les problèmes et à mettre la poussière sous le tapis, est dénoncée comme un mal endémique. Joakim Lefloimad révèle un chiffre ahurissant : 43 % des personnels de direction ne signalent pas les incidents relatifs au port de signes religieux ostensibles interdits. La raison de ce silence est double et accablante : soit la peur des représailles, soit la certitude que l’administration sera, in fine, impuissante à régler le problème. L’école, censée instruire, est devenue un lieu où l’on fait cours la peur au ventre, un espace où la violence, la décivilisation, et les fractures de la société viennent s’immiscer sans filtre.


L’Effondrement de l’Autorité : D’une Révolution Idéologique à l’Enfant-Roi

Comment en est-on arrivé là ? L’analyse des experts renvoie à un long processus d’érosion idéologique entamé au tournant du XXe siècle, mais largement accéléré par les thèses libertaires des années 1960. La fin du cours magistral, la suppression de l’estrade, et l’idée d’une égalité entre le professeur et l’élève ont désarmé l’institution. Joakim Lefloimad rappelle notamment un ouvrage édifiant de 1995, Autorité ou éducation, qui soutenait que les deux concepts étaient incompatibles.

Cette idéologie dominante a été traduite dans la réalité par des réformes politiques successives. De la loi Jospin de 1989, qui a mis « l’élève au centre du système », aux réformes qui ont favorisé l’idée du professeur comme « animateur » ou « serviteur des enfants », le rôle de l’enseignant a été dénaturé. Vincent, un enseignant de Gironde avec 15 ans d’expérience, met le doigt sur l’essence du problème : « À partir du moment où l’enseignant n’instruit plus, où il ne fait qu’accompagner un parcours scolaire et occuper des élèves, il fait de la garderie ». Dès lors, l’autorité se dissout, n’étant plus investie d’une mission de guidage et de transmission du savoir.

Cette perte d’autorité se double d’un effondrement académique catastrophique, touchant désormais tous les milieux. Des lettres de motivation et des CV contenant « une faute d’orthographe par mot » sont la preuve du délitement des savoirs fondamentaux, y compris dans ce que l’on appelait autrefois les « bons milieux ». La France, au lieu de se concentrer sur l’excellence en mathématiques ou en écriture, se retrouve polluée par des problèmes qui ne devraient pas être le sujet numéro un d’une grande puissance.


La Crise d’Intégration et la Violence au Quotidien

Le débat a soulevé la question la plus sensible de toutes : l’impact de l’immigration et de l’intégration sur l’atmosphère scolaire. Gabriel Cluzel a établi une concomitance entre la perte de l’autorité républicaine et « l’arrivée massive d’individus avec d’autres mœurs, une autre religion », qui a laissé le pays « parfaitement désarmé ». Il a évoqué le poids du collectif, citant l’exemple d’élèves, y compris de confession non-musulmane, qui se sentent obligés de faire le Ramadan par « force du groupe » dans des classes où le nombre a changé la donne culturelle.

La violence, cependant, ne vient pas que de l’élève. Isabelle, ancienne accompagnante d’enfants handicapés (AESH), a démissionné après huit ans, racontant des scènes de violence inouïes vécues de première main : l’agression physique d’une directrice d’école maternelle par un parent d’élève, qui l’a jetée à terre et tirée par les cheveux pour un mot dans le carnet de liaison. Ces actes témoignent d’une démission des parents, qui s’ajoutent au phénomène de l’« enfant-roi » et de l’irrespect total de l’institution.

Le témoignage de Vanessa, ancienne enseignante et mère à Lyon, est le plus poignant. Elle décrit l’impact de la composition changeante des classes, où les « petits blancs » sont devenus si peu nombreux qu’ils sont « l’élève qu’il faut protéger parce qu’il devient vite la victime » de l’effet de groupe. Son propre fils, 13 ans, a été agressé à la sortie du collège par deux voyous armés de couteaux, qui lui ont volé ses baskets. L’ultime humiliation fut la réponse de la cellule anti-harcèlement : « Ah, on est débordé ». De plus, le système, d’une aberration morale, impose à la victime de changer d’établissement, parfois au prix d’un long trajet, au lieu d’écarter l’agresseur.

Enfin, Éric Tégner a pointé du doigt un facteur aggravant : l’accueil de « plusieurs dizaines de milliers » de mineurs non accompagnés (MNA), des enfants « clandestins » scolarisés gratuitement, dont la présence « baisse le niveau général de la classe » et rend le travail des enseignants encore plus difficile, même dans des territoires ultramarins comme la Guadeloupe.


Fuite et Résignation : L’Abandon de l’École Publique

Le pire indicateur de ce naufrage est sans doute l’attitude de ceux qui devraient y croire le plus : les professionnels de l’éducation. Géraldine Amon, mère et productrice, a révélé avoir fait le choix, la mort dans l’âme, de mettre sa fille dans le privé pour échapper aux problèmes de sécurité, d’absentéisme et de non-remplacement. Elle constate, amère, la triste nécessité de payer pour un « enseignement de qualité et un cadre » qui devrait être la norme de l’école publique et gratuite.

Ce choix n’est pas isolé : les auditeurs ont souligné que de nombreux enseignants, patrons d’établissement, et même des ministres de l’Éducation nationale mettent leurs propres enfants dans le secteur privé. Cette fuite massive est la preuve la plus éclatante du délitement de l’école publique. Comme l’a résumé Gabriel Cluzel : « On se demande si l’enseignement public est sauvable très honnêtement ou s’il faut pas complètement reconstruire à côté dans le privé, parce que cela c’est un champ de ruine ».

En conclusion, Didier Leire, professeur de philosophie menacé de mort pour avoir alerté sur l’islamisme à l’école, a livré le verdict final : « L’école c’est l’avenir de la nation, il faut la refonder parce qu’aujourd’hui elle s’est effondrée sur tous les plans. » La crise de l’Éducation Nationale n’est plus seulement une question de programmes ou de moyens ; elle est le miroir d’une nation qui a perdu son autorité, sa cohésion et la foi dans son propre modèle d’intégration. Le chemin de la refondation sera long et difficile, mais il est la condition sine qua non pour garantir un avenir à la jeunesse française.

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