L’ÉLITE CONTRE LE RÉEL : CNEWS ATTAQUÉ POUR AVOIR OSÉ PARLER DE L’INSÉCURITÉ ET DE L’IMMIGRATION

L’ÉLITE CONTRE LE RÉEL : CNEWS ATTAQUÉ POUR AVOIR OSÉ PARLER DE L’INSÉCURITÉ ET DE L’IMMIGRATION
Le paysage médiatique français est le théâtre d’une nouvelle guerre de tranchées, non pas idéologique, mais existentielle. D’un côté, les bastions de l’audiovisuel public, Radio France et France Télévisions, symboles de l’ordre établi et de la “bien-pensance”. De l’autre, les médias du groupe Bolloré — CNews, Europe 1, Le JDD — qualifiés avec un dédain manifeste de “médias Bolloré” par leurs détracteurs. Cette confrontation a atteint un point de non-retour avec la charge d’une violence inouïe menée par Christine Ockrent, l’une des figures emblématiques de ce “vieux monde” médiatique, lors d’une intervention sur France 2.
Dans une attaque frontale, Christine Ockrent a qualifié les journalistes du groupe de Vincent Bolloré de « négation même de nos métiers » et a appelé publiquement à dresser la liste de leurs « erreurs et falsifications ». Une accusation grave, qui dépasse la simple critique éditoriale pour verser dans l’excommunication pure et simple. Pourtant, ce déchaînement d’hostilité, qui cherche à discréditer l’intégrité professionnelle de toute une rédaction, masque un malaise bien plus profond que de simples divergences d’opinion : celui d’une élite qui refuse d’admettre que l’air du temps a changé et que les Français veulent entendre une autre vérité que celle qu’on leur a servie pendant des décennies.
Le Vrai Crime : Raconter le Quotidien Oublié
La réponse du camp attaqué a été rapide et cinglante, pointant du doigt la véritable raison de cette ferveur inquisitrice. Bernard de la Villardière, présent sur le plateau de France 2, a fermement rappelé que CNews ne faisait qu’aborder des sujets que « d’autres médias ont longtemps ignoré ». Il a évoqué « l’insécurité, les violences, le réel du quotidien ». Loin d’aggraver le climat, CNews et Europe 1 ne feraient que dire « tout haut ce que vous vivez au quotidien ».
Pour les défenseurs de ces médias, le malaise n’est pas créé par la chaîne d’information, mais par la réalité elle-même, une réalité que certains refusent obstinément de regarder. C’est la nature même des sujets choisis qui « insupporte » et « empêche de dormir » les mandarins de l’audiovisuel public. Comme le souligne Gabriel Cluzel, ce qui irrite Ockrent, ce n’est pas la « falsification », mais bien la nature des « choix éditoriaux qui étaient interdits » dans l’ère des “mandarins” du service public, époque où l’information était omniprésente, omnisciente et omnipotente, mais surtout limitée à une liste de sujets établis par cette caste.
L’attaque est donc un acte de panique, une tentative désespérée de museler l’opposition en niant son statut de média légitime.
La “Magistrature Morale” à l’Épreuve du Réel
L’une des interventions les plus retentissantes de ce débat a été celle de Sabrina Medjebeur. Elle a dénoncé l’existence d’une « magistrature morale » à laquelle appartient Christine Ockrent, un groupe qui a passé des années à réciter le « bon catéchisme » et à prétendre « éduquer le peuple » selon une vision idéologique unique. Pour Medjebeur, l’aristocratie médiatique n’a aucun scrupule à s’ériger en juge et partie, car la « sinistralité que vivent les Français » ne les concerne pas. Elle l’affirme sans détour : « Elle [Christine Ockrent] ne côtoie pas l’insécurité, elle ne côtoie pas l’immigration criminogène, elle ne côtoie pas le narcotrafic. » Il est « très facile d’attaquer ses confrères du haut de sa forteresse inviolable » quand on n’est pas confronté à la dure réalité du quotidien.
Ce clivage entre l’élite déconnectée et le peuple confronté est la clef de voûte de cette guerre médiatique. Ce décalage est devenu si criant qu’il menace l’existence même de l’audiovisuel public. Gabriel Cluzel met en garde contre la « fin du consentement à l’impôt » : de plus en plus de Français, excédés par ce qu’ils considèrent comme du « masochisme » (donner de l’argent pour “se faire taper sur la tête” et pour financer ceux qui les méprisent), appellent à la privatisation du service public.
Le Procès de l’Intolérance et de l’Hypocrisie
L’attaque de Christine Ockrent a rapidement été perçue comme un geste de pure intolérance structurelle. Françoise Laborde, ancienne membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA, aujourd’hui Arcom), a été particulièrement mordante en pointant l’hypocrisie de la journaliste. Elle a rappelé qu’Ockrent est mal placée pour donner des leçons d’éthique, évoquant plusieurs controverses passées, notamment une interview très controversée dans les prisons du Tchad qui fut « une tâche sur sa carrière », sans oublier le conflit d’intérêt lorsqu’elle était à la tête de l’audiovisuel public extérieur pendant que son mari était ministre.
Laborde a également dénoncé le ridicule de l’appel à lister les erreurs, car l’Arcom est déjà « suffisamment équipé » pour le faire quotidiennement. La réalité est que la « bienpensance » veut « museler cette opposition » qu’elle a décidé de considérer comme le « mal », lui déniant le droit d’exister en tant que journaliste. Cette fébrilité, cette tentative d’excommunication, est vue comme le signe d’une « jalousie » face au succès d’audience de CNews et Europe 1, qui sont désormais les chaînes d’information en continu les plus regardées. L’intolérance est d’autant plus flagrante qu’Ockrent serait la première à dénoncer un tel musellement dans un autre pays, criant à la « démocratie en danger ». Mais quand il s’agit d’une chaîne dont la ligne éditoriale ne correspond pas à la sienne, elle devient l’instrument de cette muselière.
L’Arrivée du Pluralisme contre l’Ancienne “Reine Christine”

Le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio, a mis en perspective l’attaque en l’inscrivant dans le contexte d’un changement d’ère médiatique. Pour lui, Christine Ockrent est un vestige de l’époque de la « Reine Christine », celle de la « mitterrandie » et d’une élite liée au pouvoir, où le paysage audiovisuel (le fameux PAF) était « aseptisé » et régi par une « novlangue » bien-pensante.
L’arrivée de CNews et Europe 1 marque la victoire du pluralisme. « Les auditeurs, téléspectateurs, ils choisissent et ils le font, ils ont le droit de choisir et ils le font », a-t-il déclaré, soulignant que l’audience de ces médias est la preuve que les Français sont « contents d’écouter ce qu’ils entendent pas ailleurs ».
Ce pluralisme est essentiel pour Allisio, car le « totalitarisme de demain » n’est pas celui que les critiques désignent. Pour lui et le RN, le véritable ennemi est « islamiste », et c’est en défendant « les valeurs de la République » — la laïcité, l’égalité, la justice sociale, la liberté — que le Rassemblement National répond à ce défi. L’étiquette « extrême » est un terme rabâché qui ne signifie « strictement plus rien » pour les électeurs, un ancien membre de l’UMP se sentant aujourd’hui parfaitement à sa place au RN, dans une « droite populaire » et « gaulliste ».
Dire la Vérité, Seul Crime de Lèse-Majesté
Les témoignages des auditeurs, comme celui de Grégory, résonnent avec une frustration palpable. Ils se sentent insultés et traités de « racistes » par procuration simplement pour regarder CNews. La chaîne, selon eux, ne fait que « dire la vérité », en abordant des sujets sciemment invisibilisés ailleurs : les agressions dans les quartiers, les crimes commis par des personnes sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). C’est le crime de lèse-majesté du groupe Bolloré : ne pas invisibiliser ces faits.
Face à cette ferveur médiatique, le conseiller César a émis une recommandation stratégique de taille pour consolider l’audience et « clouer le bec à tous les gens qui vous critiquent ». Il ne suffit pas de dénoncer la corruption ou l’ignorance, il faut proposer. Il exhorte le RN et CNews à faire des « contre-propositions importantes » sur des sujets sensibles à gauche, comme l’antiracisme, l’antifascisme et l’écologie. En démontrant que leurs propositions sont « beaucoup plus intéressantes » sur ces thèmes, ils pourraient « rafler tout ce qu’on appelle les bijoux de famille de la dite gauche » et atteindre un « état de grâce » électoral.
En définitive, l’attaque de Christine Ockrent n’est pas un débat journalistique sur l’éthique, mais l’expression la plus crue d’une caste en panique. Elle révèle une fracture profonde entre une élite qui se drape dans la « bienpensance » pour masquer son décalage avec le réel, et un public qui se tourne massivement vers les médias qui osent enfin parler de leur quotidien : les violences, l’insécurité et l’immigration criminogène. En voulant museler une voix, la « Reine Christine » et ses acolytes n’ont fait qu’amplifier la soif de pluralisme et de vérité d’une France qui ne veut plus être réduite au silence.