Imaginez vivre dans un monde où un simple regard d’un roi pouvait sceller votre destin, où des milliers de femmes disparaissaient derrière les murs d’un palais sans jamais en ressortir. Bienvenue dans l’Empire Perse de Xerxès, l’homme qui commandait des millions de soldats mais dont le véritable arsenal se trouvait dans les chambres secrètes de son harem. Le 19 août de l’an -479, dans les couloirs souterrains du palais de Persépolis, une jeune femme grecque nommée Aspasia attendait son tour. Elle avait été capturée après la défaite grecque de Platées, arrachée à sa famille à l’âge de 14 ans. Cela faisait 3 mois qu’elle vivait dans les profondeurs du harem impérial, soumise à des rituels si pervers que les chroniqueurs perses eux-mêmes hésitèrent à les documenter. Mais l’arsenal de Xerxès ne se composait pas d’épées ni de lances, il se composait de systèmes de règles brutales et d’une ingénierie de la cruauté qui transformait des êtres humains en objets. Ce que vous allez découvrir n’est pas seulement l’histoire d’un roi dépravé, c’est l’histoire d’un système conçu pour briser la volonté, effacer l’identité et transformer la domination en spectacle politique.

Pour comprendre l’ampleur des pratiques de Xerxès, il faut remonter au début de son règne en 486 avant Jésus-Christ. Xerxès hérita non seulement d’un empire s’étendant de l’Égypte à l’Inde, mais également d’un système de harem perfectionné par son père Darius Ier. Cependant, là où Darius se contentait d’un harem de quelques centaines de femmes, Xerxès transforma cette institution en une machine industrielle de domination sexuelle et politique. Les registres administratifs qui survécurent dans les archives chinoises et persanes révèlent des chiffres qui donnent le vertige : le harem principal de Persépolis comptait plus de 2300 femmes en l’an 480 avant Jésus-Christ. Mais ce nombre ne représentait qu’une fraction du système total. Xerxès maintenait des harems secondaires dans chaque capitale provinciale : Suse, Babylone, Égabatane, Sardes. Au total, les historiens modernes estiment qu’entre 6000 et 8000 femmes vivaient simultanément sous le contrôle direct du roi Perse.
Ces femmes n’étaient pas simplement des concubines. Elles formaient les différents niveaux d’une hiérarchie brutale conçue pour maintenir un contrôle absolu. Au sommet se trouvaient les épouses royales, issues de familles nobles persanes. En dessous venaient les concubines de haut rang, souvent filles de gouverneurs provinciaux offertes en tribut. Puis venaient les concubines de second rang, généralement des captives de guerre sélectionnées pour leur beauté. Et tout en bas, dans les profondeurs oubliées du système, se trouvaient les femmes destinées aux rituels les plus obscurs. Xerxès ne se contentait pas de collectionner ces femmes, il les classifiait avec une précision bureaucratique digne d’un inventaire militaire.
Chaque femme entrant dans le système recevait un tatouage sur le poignet gauche, un code complexe indiquant sa provenance, son âge d’arrivée, son statut reproductif et sa valeur assignée. Ce système de marquage, découvert lors de fouilles archéologiques en 1931 près de Persépolis, révèle une organisation qui défiait la compréhension. Les femmes grecques portaient un symbole spécifique, un delta inversé, qui les marquait comme butin de guerre particulièrement précieux. Les femmes égyptiennes étaient tatouées avec un œil d’Horus stylisé. Les femmes babyloniennes recevaient une étoile à huit branches. Chaque origine géographique possédait son propre marqueur, transformant ces femmes en archives vivantes de l’expansion impériale.
Le tatouage n’était que le début du processus. Avant d’entrer officiellement dans le harem, les nouvelles arrivantes subissaient ce que les chroniqueurs perses appelaient pudiquement la « purification ». En réalité, il s’agissait d’un rituel de soumission conçu pour briser toute résistance psychologique. Les jeunes femmes étaient d’abord séparées en groupes selon leur origine. Celles qui provenaient de cultures considérées comme ennemies, principalement les Grecs et les Scythes, subissaient un traitement particulièrement brutal. Elles étaient placées dans des chambres souterraines sans fenêtre pendant exactement 14 jours. Pendant cette période, elles ne recevaient qu’un seul repas par jour, servi dans l’obscurité totale par des eunuques silencieux qui ne répondaient à aucune question. Le 14e jour marquait le début de ce que les documents appellent « l’initiation ».
Les femmes étaient emmenées dans les bains royaux, des structures massives alimentées par des sources chaudes naturelles. Là, elles étaient lavées, parfumées et habillées avec des vêtements de soie fine. Mais cette apparente gentillesse cachait une cruauté calculée : les vêtements étaient si transparents qu’ils ne dissimulaient rien. L’objectif était de les humilier, de leur faire comprendre que leur corps ne leur appartenait plus. Après les bains, les femmes étaient conduites devant un conseil d’eunuques qui effectuait ce qu’on appelait « l’évaluation ». Alignées nues dans une salle au plafond bas, elles étaient inspectées méthodiquement. Les eunuques notaient sur des tablettes d’argile chaque détail physique : la couleur des yeux, la texture des cheveux, la forme du visage, la taille des seins, la largeur des hanches, la présence ou l’absence de cicatrices.
Ces informations déterminaient leur rang dans le harem et leur utilisation future. Les femmes jugées les plus belles étaient réservées aux apparitions publiques de Xerxès, des spectacles où le roi exhibait sa collection comme un trésor vivant. Celles considérées comme moins attrayantes mais robustes étaient assignées aux tâches reproductives, un euphémisme brutal pour un système de grossesse forcée et continue. Celles qui ne répondaient aux critères d’aucune catégorie étaient envoyées dans les sections les plus sombres du harem, destinées à servir les invités étrangers et les généraux victorieux comme récompense vivante.
Xerxès tenait personnellement un journal où il enregistrait ses interactions avec les femmes de son harem. Des fragments de ce journal, découverts dans une villa abandonnée près de Pompéi et attribués au médecin impérial Lucio Escriba qui les aurait copiés, révèlent une obsession pathologique pour la documentation de la domination. Le roi notait non seulement les dates de ses rencontres, mais également les réactions émotionnelles des femmes : leurs larmes, leurs supplications, leur résignation progressive. Il transformait la souffrance en archive, créant une bibliothèque de l’humiliation.
L’obsession de Xerxès allait bien au-delà de la simple collection. Il avait développé ce que les historiens modernes appellent le « système des caravanes », une opération logistique complexe conçue pour alimenter continuellement son harem avec de nouvelles captives. Chaque fois qu’une province était conquise ou qu’une rébellion était écrasée, des équipes spécialisées de chasseurs de femmes étaient déployées. Ces équipes suivaient des protocoles stricts : elles devaient capturer des jeunes femmes âgées de 12 à 25 ans issues de familles influentes locales. L’objectif n’était pas seulement de fournir de nouvelles concubines au roi, mais de briser psychologiquement les populations vaincues en leur arrachant leurs filles les plus précieuses. Dans une seule ville, Zhengdu, suite à une rébellion en l’an 479 avant Jésus-Christ, plus de 40000 femmes en âge de procréer furent capturées et classifiées.
Les caravanes qui transportaient ces femmes traversaient des milliers de kilomètres de désert et de montagnes. Le voyage depuis la Grèce jusqu’à Persépolis durait entre 4 et 6 mois. Durant ce temps, les captives étaient enchaînées par groupes de 50, marchant 12 heures par jour sous la surveillance de gardiens qui avaient ordre de maintenir leur apparence physique intacte. Toute marque visible, toute cicatrice pouvait réduire leur valeur à l’arrivée. Le système révélait sa nature la plus perverse. Les caravanes avaient des divisions pour différentes étapes du processus : capture initiale, classification, acclimatation (un euphémisme pour viol systématique), grossesse, accouchement et réaffectation. Les femmes qui tombaient enceintes durant le voyage étaient séparées et envoyées dans des centres spécialisés où elles accouchaient avant d’être réintégrées au flux principal. Les enfants nés de ces unions forcées étaient immédiatement retirés et placés dans des orphelinats impériaux où ils étaient élevés comme esclaves loyaux à l’empire.
Pour l’année 480 avant Jésus-Christ, les registres persans mentionnent l’arrivée de 13 caravanes à Persépolis, transportant au total plus de 3200 femmes. L’infrastructure nécessaire pour gérer ce flux était monumentale. Des bâtiments entiers étaient dédiés au traitement des arrivées, avec des salles de quarantaine, des bains collectifs, des espaces de classification et des chambres d’initiation. Le palais de Persépolis n’était pas seulement une résidence royale, c’était une usine de déshumanisation fonctionnant avec une efficacité terrifiante.
Xerxès ne se contentait pas de dominer sexuellement ses femmes, il utilisait leur corps comme monnaie diplomatique et comme arme psychologique contre ses ennemis. Lorsqu’un gouverneur provincial se montrait particulièrement loyal, il recevait en récompense des femmes du harem royal. Lorsqu’un ambassadeur étranger venait négocier, Xerxès organisait des banquets où des centaines de concubines étaient exhibées, un rappel brutal de sa capacité à posséder et à distribuer des êtres humains. Les chroniques grecques, notamment celles d’Hérodote qui visita la cour perse quelques décennies après la mort de Xerxès, décrivent des scènes qui défient l’imagination. Lors d’un banquet offert à des ambassadeurs scythes, Xerxès fit défiler devant eux 80 jeunes femmes scythes récemment capturées, toutes vêtues des costumes traditionnels de leur peuple. Le message était clair : votre culture, vos filles, tout vous appartient désormais à moi. Ce n’était pas de la simple débauche, c’était une déclaration politique. Chaque femme dans le harem de Xerxès représentait une victoire, une terre conquise, un peuple soumis. Le harem n’était pas un lieu de plaisir, c’était un musée vivant de la domination impériale, où chaque corps portait l’histoire d’une défaite.
Il y a un aspect du système qui surpasse tous les autres en cruauté pure : Xerxès avait institué ce que les documents appellent les « rituels de remplacement ». Toutes les femmes du harem, quelle que soit leur position dans la hiérarchie, étaient soumises à une limite d’âge stricte : à 35 ans, elles étaient considérées comme trop âgées pour servir le roi. Ce qui leur arrivait ensuite révèle la nature véritable du système. Les femmes qui atteignaient cette limite étaient divisées en trois catégories. Celles qui avaient donné naissance à des fils étaient envoyées dans des résidences de retraite spéciales, des sortes de prisons dorées où elles passaient le reste de leur vie isolées du monde extérieur. Celles qui n’avaient eu que des filles ou qui étaient restées stériles recevaient un traitement différent : elles étaient vendues comme esclaves domestiques à des marchands qui les exportaient vers les provinces les plus lointaines de l’empire, des régions si éloignées qu’elles ne reverraient jamais leur terre d’origine. La troisième catégorie subissait le sort le plus horrible : les femmes qui avaient résisté au système, celles qui avaient tenté de s’échapper ou qui avaient refusé de se soumettre aux rituels, étaient marquées d’un tatouage spécial sur le front, un symbole qui signifiait « rebelle ». Elles étaient ensuite envoyées dans les mines de sel de Sakastane, un désert impitoyable où l’espérance de vie dépassait rarement 2 ans. Là, elles travaillaient jusqu’à l’épuisement total, leur corps déshydraté devenant méconnaissable, leur visage ridé par le sel et le soleil.
En 1931, des archéologues français excavèrent les ruines de l’ancien Harem de Xerxès à Persépolis. Sous les fondations de marbre, ils trouvèrent quelque chose que les registres officiels ne mentionnèrent jamais : une nécropole secrète contenant plus de 800 squelettes de jeunes femmes. L’analyse médico-légale révéla que la plupart étaient mortes entre 15 et 25 ans. Les causes de décès variaient : complications d’accouchement forcé, infections non traitées, malnutrition chronique malgré l’opulence apparente du palais, et dans plusieurs cas, des fractures du crâne suggérant des exécutions. Un squelette en particulier attira l’attention des chercheurs. Il appartenait à une jeune femme d’environ 18 ans, identifiée par son tatouage préservé comme Grecque. Son crâne présentait des marques indiquant qu’elle avait été forcée de porter un masque métallique pendant une période prolongée, probablement comme punition pour avoir parlé sans permission. Ses os montraient des signes de malnutrition sévère. Mais ce qui troubla le plus les archéologues fut la position de son squelette : elle avait été enterrée vivante, ses mains figées dans une position défensive, ses doigts griffant encore la terre au-dessus d’elle. Cette découverte força les historiens à réévaluer complètement leur compréhension du règne de Xerxès. Ce n’était pas simplement un roi débauché, c’était l’architecte d’un système qui industrialisait la violence sexuelle et la transformait en pilier de gouvernance.
Chaque aspect du harem était conçu non pour le plaisir, mais pour la domination absolue. Les eunuques qui administraient le système n’étaient pas simplement des serviteurs, ils formaient une bureaucratie complexe avec des titres, des rangs et des responsabilités spécifiques. Le Grand Eunuque supervisait l’ensemble du réseau de harems à travers l’empire. Sous lui servaient les eunuques de classification, responsables d’évaluer et de catégoriser les nouvelles arrivantes. Les eunuques de discipline appliquaient les punitions pour les infractions, qui allaient du fouettage public à l’isolement prolongé dans des cellules souterraines. Les eunuques archivistes documentaient chaque interaction, chaque naissance, chaque mort, créant une comptabilité macabre de la misère humaine. Il y avait des formulaires à remplir, des protocoles à suivre, des chaînes de commandement à respecter. C’était la comptabilité de l’horreur, aussi méticuleuse que les registres des impôts. Lorsqu’une femme mourait, un rapport détaillé devait être soumis, incluant la cause du décès, son âge, sa durée de service dans le harem et le nombre d’enfants qu’elle avait produits. Ces documents étaient archivés dans la bibliothèque secrète de Persépolis, une section du palais interdite à tous sauf au roi et à ses archivistes principaux.
Dans ses archives personnelles, découvertes fragmentées dans plusieurs sites archéologiques, Xerxès écrivait régulièrement des réflexions philosophiques sur le pouvoir. Dans un passage particulièrement glaçant, il affirme que le véritable test d’un empire n’est pas sa capacité à conquérir des terres, mais sa capacité à posséder l’intimité même de ses sujets. Il croyait que tant qu’il contrôlait les corps et les capacités reproductives de milliers de femmes, son pouvoir était absolu et incontestable. Cette philosophie explique pourquoi le système était si élaboré. Ce n’était pas de la luxure débridée, c’était une théologie du pouvoir incarnée dans la chair humaine. Xerxès ne voulait pas simplement profiter de ses femmes, il voulait démontrer que son autorité transcendait toutes les limites humaines, qu’il pouvait transformer des êtres pensants et sensibles en extension de sa volonté.
Les conséquences de ce système s’étendirent bien au-delà de la vie de Xerxès. Lorsqu’il fut assassiné en 465 avant Jésus-Christ par son propre garde du corps, Artaban, le Harem devint un champ de bataille politique. Ses fils se disputèrent non seulement le trône, mais également le contrôle des femmes, car posséder le harem royal signifiait légitimité. Des centaines de femmes furent tuées durant ces luttes de succession, considérées comme des preuves vivantes du pouvoir de Xerxès que personne ne pouvait complètement revendiquer. Artaxerxès, le fils qui finit par sécuriser le trône, ordonna une purge massive. Toutes les femmes qui avaient été proches de Xerxès, celles qui connaissaient ses secrets les plus intimes, furent exécutées en une seule nuit. Les chroniques persanes mentionnent le nombre de 327 femmes décapitées dans les jardins du palais, leur corps jeté dans une fosse commune que les archéologues n’ont jamais réussi à localiser avec certitude.
Mais certaines femmes survécurent. Des récits fragmentaires parlent de concubines qui s’échappèrent durant le chaos suivant la mort de Xerxès. Quelques-unes réussirent à retourner dans leur terre natale. Une en particulier, une femme grecque nommée dans les textes simplement comme Ioni, parvint à rejoindre Athènes après un voyage de 2 ans. Là, elle témoigna devant l’assemblée athénienne, décrivant en détail les horreurs du Harem Perse. Son témoignage, préservé dans les archives athéniennes, devint l’une des sources principales pour comprendre le système de Xerxès. Ioni racontait comment elle avait été capturée à l’âge de 13 ans après la bataille de Salamine. Elle passa sept années dans le harem, donnant naissance à deux enfants qui lui furent immédiatement retirés. Elle décrivit les nuits interminables d’attente, ne sachant jamais quand les eunuques viendraient la chercher. Elle parla des femmes qui se suicidaient en avalant des morceaux de verre brisé, préférant une mort agonisante à la continuation de leur servitude. Elle révéla comment certaines femmes développaient des liens entre elles, créant des familles de substitution dans l’enfer du Harem, se soutenant mutuellement pour préserver un fragment de leur humanité. Le témoignage d’Ioni choqua Athènes. Il servit de propagande puissante contre l’Empire Perse, alimentant la haine grecque envers leurs anciens conquérants. Mais au-delà de la rhétorique politique, ces mots préservèrent quelque chose d’essentiel : la voix des victimes. Dans un monde où l’histoire est écrite par les vainqueurs et les puissants, le témoignage d’Ioni reste l’un des rares documents où nous pouvons entendre directement la souffrance des femmes prises dans le système de Xerxès.
Xerxès ne fut pas seulement un empereur vaincu par les Grecs, il fut le créateur d’un système qui transforma l’autorité en oppression, la famille en instrument et le pouvoir en une force qui dévora tout ce qui était sacré. Son harem n’était pas une collection de plaisirs, c’était un monument à la capacité humaine de transformer d’autres humains en objets. C’est ainsi que meurent les empires : non uniquement par des défaites militaires, mais par la corruption morale de ceux qui les gouvernent. Lorsque le pouvoir devient si absolu qu’il efface la distinction entre personne et possession, lorsque la domination sexuelle devient politique d’état, l’effondrement devient inévitable. Le système de Xerxès survécut sa mort de quelques décennies avant d’être démantelé par les réformes de Darius II, mais les cicatrices qu’il laissa tant sur les corps des victimes que sur la conscience collective de l’Empire Perse ne guérirent jamais complètement.