« MACRON DOIT PARTIR » : MANUEL BOMPARD DÉNONCE UN CHAOS BUDGÉTAIRE ET JUDICIAIRE, DE L’ÉCHEC À MARSEILLE AU RISQUE DE GÉNOCIDE

« Risque de Génocide » et « Macron doit partir » : Le coup de gueule sans filtre de Manuel Bompard sur BFMTV
Le coordinateur de La France insoumise (LFI) et député des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, n’a pas mâché ses mots lors de son passage sur BFMTV. Face aux questions brûlantes de l’actualité, de l’évasion d’un détenu ultrasensible au drame de la criminalité organisée à Marseille, en passant par le budget rejeté et la position de la France sur les conflits mondiaux, l’élu LFI a livré une analyse sans concession, pointant du doigt l’« incompétence » et la « démagogie » du gouvernement en place. Bompard a transformé son entretien en une tribune percutante, réclamant rien de moins que le départ anticipé d’Emmanuel Macron.
Le Chaos Judiciaire : Un Détenu « Dangereux » en Totale Liberté
Le débat s’est ouvert sur une affaire qui secoue l’opinion publique : l’autorisation de sortie accordée à un détenu considéré comme l’un des plus dangereux de France, incarcéré à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil. Malgré le refus du chef d’établissement et du parquet, le juge d’application des peines a validé une permission de sortie, permettant au détenu de traverser la France « sans escorte » et « en totale liberté ». Le contraste est saisissant : sous haute surveillance 24h/24 en prison, l’homme peut désormais utiliser un téléphone portable et se promener au milieu des citoyens dans un TGV.
Manuel Bompard a tenu à modérer l’émotion légitime soulevée par l’affaire, insistant sur le fait que la peine du détenu n’est pas perpétuelle et que, par conséquent, « il faut travailler les conditions de sa réinsertion ». Pour lui, l’enjeu est de s’assurer que l’individu, une fois libéré définitivement, ne soit « pas tout seul dans la nature » et puisse avoir un retour dans la société réussi. Il souligne que la procédure judiciaire a été respectée.
Toutefois, le député LFI a saisi cette occasion pour remettre en question la cohérence de la politique de création de ces prisons de haute sécurité (QHS), une doctrine que La France insoumise combat depuis ses débuts. Bompard rappelle que ce type de prisons avait existé jusqu’aux années 80 avant d’être abandonné, car jugé « inefficace » sur la question de la récidive et de la réitération des faits. Pour lui, le véritable manque de cohérence ne réside pas dans la décision du juge, mais dans la politique pénitentiaire globale menée par le gouvernement. Il n’hésite pas à adresser la question au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, l’accusant de « démagogie » pour réclamer immédiatement un changement de loi sans acte concret.
Marseille sous le Feu : L’Échec de la Doctrine Anti-Criminalité

En tant qu’élu des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard est revenu sur la récente marche blanche en mémoire du frère d’Amine Kessassi, victime de la criminalité organisée à Marseille. Profondément ému par la mobilisation de la population marseillaise, il a toutefois exprimé sa crainte que cet événement ne soit qu’un « moment médiatique » sans lendemain. Il rappelle avoir participé à une dizaine de marches similaires depuis deux ans, notant que les annonces faites par les ministres en déplacement « repartent avec eux » une fois rentrés à Paris.
Face à ce qu’il perçoit comme une inertie de l’État, Bompard appelle à une « mobilisation de la société dans toutes ses composantes » et surtout à un « changement de doctrine politique ». Sa cible principale : le manque criant de moyens pour la Police Judiciaire.
« Où sont les effectifs supplémentaires dans la police judiciaire ? Quand vous savez aujourd’hui que vous avez des départements dans lesquels chaque enquêteur de la police judiciaire a 200 à 300 [dossiers] sur son bureau, où sont les greffiers ? »
Il met en évidence la nécessité de mettre des moyens dans la prévention (éducateurs spécialisés, protection de la jeunesse) pour empêcher les jeunes de tomber dans les trafics. Abordant la polémique concernant la police municipale de Grenoble, Bompard réaffirme la position de LFI : la police municipale doit se concentrer sur la « tranquillité publique » et la « médiation » et non sur la traque des réseaux. Il s’oppose fermement à l’armement de cette dernière, insistant sur le fait que la lutte contre les réseaux de criminalité organisée, de nature nationale voire internationale, est le rôle exclusif de la Police Nationale et Judiciaire. Pour lui, il faut « attaquer le haut du panier », et non le « bas du spectre ».
Polémiques et Défense de LFI : De l’Humour Maladroit à l’Absence Médiatique
Interrogé sur les controverses touchant LFI, le député s’est montré agacé par ce qu’il juge être des tentatives de dérive du débat public. Il a notamment dû se défendre d’une vidéo impliquant Rima Hassan et Sébastien Delogu et la phrase « À la DZ », rejetant toute confusion avec la « DZ Mafia » et qualifiant la vidéo de « privée ou personnelle ». De même, il a condamné les propos homophobes de Sophia Chikirou, estimant qu’« on ne doit pas le dire », mais a critiqué la focalisation sur des « messages volés, des messages privés » au détriment des propositions politiques majeures.
Face aux remarques sur l’absence d’interview en direct de Sophia Chikirou, candidate aux municipales à Paris, Manuel Bompard a pris sa défense, soulignant que celle-ci privilégie les « réunions publiques », les « meetings » et les « conférences de presse » pour débattre directement avec les citoyens, une autre forme d’« échange démocratique ». Il a martelé sa préférence pour un débat de fond sur les programmes, plutôt que sur des polémiques qu’il juge « assez ridicules ».
Le Rejet du Budget et l’Appel Radical : La Chute d’Emmanuel Macron
Le point d’orgue de l’interview fut sans doute l’analyse du vote de rejet massif du volet recettes du budget par l’Assemblée Nationale (404 voix contre, 1 voix pour). Pour Manuel Bompard, ce résultat est la preuve que « personne ne veut de ce budget ». Il en dresse un portrait apocalyptique : un « budget de maltraitance sociale absolue », un « désastre économique » qui mènera à la récession et un acte « d’irresponsabilité écologique ».
La France insoumise refuse catégoriquement l’idée d’une utilisation du très controversé Article 49.3 pour faire passer ce budget en force. Bompard promet qu’une motion de censure sera déposée si le gouvernement tentait de contourner le vote démocratique. Cette offensive est justifiée par la nécessité de « protéger les gens » d’un effort qui repose « essentiellement sur les catégories les plus pauvres ». Il dénonce notamment la division par deux de la prime de Noël pour les allocataires du RSA, tout en refusant d’imposer davantage les plus riches et les multinationales.
La conclusion de son raisonnement est radicale :
« Moi ce que je préférerais c’est que Emmanuel Macron se résolve à partir. »
Bompard estime que le Président est « responsable de cette situation » de blocage et que pour éviter de « ne rien faire » pendant les seize prochains mois, le pays a besoin du « départ du président de la République et d’une élection présidentielle anticipée ».
Défendre la Paix, Condamner la Guerre : Les Propos « Malvenus » du Chef d’État-Major
Concernant la situation internationale, Manuel Bompard a réagi vivement aux propos du Chef d’état-major des armées (CEMA), qui évoquait la nécessité d’« accepter de perdre ses enfants » en cas de guerre. Le député les a qualifiés de « très malvenus » et « très maladroits ».
« Je considère que notre objectif aujourd’hui c’est pas de se préparer à perdre nos enfants. Je pense que notre objectif ça doit être plutôt de œuvrer, de créer des conditions de la paix et d’une paix qui soit durable. »
Bompard rejette l’adage selon lequel préparer la guerre serait préparer la paix, estimant que de tels propos contribuent à « semer une forme de panique » dans le pays. Il souhaite que la France soit à l’« avant-garde » des négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie, regrettant que l’Union Européenne soit absente des discussions qui semblent se dérouler, trop tardivement, entre Vladimir Poutine et Donald Trump.
La Controverse du « Génocide » : Le Droit de Boycotter des Positions Problématiques
Enfin, Manuel Bompard a abordé l’affaire du professeur de l’Université Lyon 2 qui a dressé une liste de personnalités à boycotter, les qualifiant de « génocidaires » pour leur soutien au gouvernement Netanyahou. L’élu LFI a défendu le droit de critiquer les positions, tout en apportant une nuance importante.
Il se dit « stupéfait » par la condamnation de l’établissement, rappelant qu’il existe bien un arrêt de la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui parle d’un « risque de génocide » et des mandats d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crime de guerre ou crime contre l’humanité. S’il déclare ne pas considérer personnellement les soutiens de ce gouvernement comme « responsables de ces crimes-là » (c’est-à-dire comme génocidaires eux-mêmes), il estime que leurs positions sont « extrêmement problématiques ».
Manuel Bompard a conclu son intervention en demandant de se concentrer sur l’essentiel : les « Palestiniens innocents qui meurent aujourd’hui », regrettant que le débat se focalise sur des polémiques en ligne plutôt que sur le drame humain en cours.