Mai 1945, la guerre vient de finir en Europe. Le 8 mai, l’Allemagne nazi a signé sa capitulation totale. Après quatre longues années d’occupation, la France est libre mais à l’est est brisée. Partout dans le pays, les villes sont détruites, les usines ne fonctionnent plus. Les routes ptées sont pleines de trous creusées par les bombes.

Dans les rues, les gens ont faim. Chaque jour, un civil français reçoit seulement 1200 calories tomassain de nourriture, à peine assez pour survivre. C’est moins qu’un enfant a besoin pour grandir normalement. Les Français sont en colère. Pendant 4 ans, les soldats allemands ont occupé leur pays. Ils ont pris leur nourriture, leur vin, leur charbon pour se chauffer.
Ils ont arrêté 717000 juifs français et les ont envoyé dans des camps de la mort. Ils ont fusillé des résistants dans les rues. Ils ont brûlé des villages entiers. 6000 français sont morts à cause de cette guerre. Maintenant que l’Allemagne a perdu, beaucoup de Français veulent se venger. Dans les villes libérées, on voit des femmes qui ont aimé des soldats allemands.
Les gens leur coupent les cheveux en public pour les punir. On exécute les collaborateurs qui ont aidé les nazis. La violence est partout. La haine est dans tous les cœurs. C’est dans ce monde de ruine et de colère qu’une longue colonne de soldats allemands marche vers la frontière française. Ils sont 347 hommes.
Ils portent encore leurs uniformes gris de la Vermarthe. Mais ces uniformes sont sales et déchirées. Beaucoup de ces soldats se boîent. Certains ont des bandages autour de la tête ou du bras. Ils ont été capturés près de Carls Rouau par les troupes françaises de la première armée du général de l’âtre de Tassini. Maintenant, ils sont prisonniers de guerre.
Ils marchent depuis de tr jours avec très peu de nourriture et presque pas d’eau. Parmi ces hommes épuisés marchent Klaus Weber. Il a 28 ans. Avant la guerre, Klaus était étudiant en histoire à l’université de Stuttgart. Son père était professeur. Sa mère donnait des leçons de piano aux enfants du quartier. Klaus se souvient de sa maison tranquille, des livres dans la bibliothèque de son père, des dimanches en famille.
Mais cette vie paisible semble appartenir à un autre monde maintenant. Klaus a passé 3 ans comme officier dans l’armée allemande. Il a le grade de Hoptman, capitaine. Il a combattu en France puis en Russie, puis de nouveau en Allemagne quand les alliés sont venus. Il a vu des choses terribles. Il a fait des choses qu’il préfère ne pas se rappeler.
Maintenant, Klaos marche avec ses hommes vers un destin inconnu. Il a très peur. Tous les prisonniers ont peur. Pendant des semaines, ils ont entendu des histoires horribles. Les soldats allemands qui ont été capturés par les soviétiques à l’est meurent par milliers dans des camps glacés. Ils reçoivent d’ussi peu de nourriture qu’ils deviennent des squelettes vivants.
Et ben, beaucoup meurent d’un mort, de froid, de faim, de maladie. Claus et ses camarades ne savent pas ce que les Français vont leur faire. Peut-être que ce sera la même chose, peut-être pire. Après tout, les Allemands ont fait souffrir la France pendant 4 ans. Pourquoi les Français auraient-ils pitié d’eux maintenant ? La colonne de prisonniers entre en Alsace.
C’est une région française près de l’Allemagne. Ici, les gens parlent allemand et français. Les villages qu’il traversent sont des cauchemars. À Colmar, 85 % des maisons sont détruites ou endommagées. Les murs sont criblé de trous de balles. Des tanks brûlés restent abandonnés au bord des routes. Des croix en bois marquent des tombes fraîches dans les champs.
Klaus voit tout cela et son cœur se serre. Son armée a fait ça. Ses compatriotes ont détruit ses maisons, tué ses gens. Les habitants sortent même pour regarder passer les prisonniers allemands. Ce sont surtout des femmes âgées, des enfants et quelques vieux hommes. Les jeunes hommes sont morts à la guerre ou ne sont pas encore rentrés des camps de prisonniers en Allemagne.
Klaus regarde ses visages français. Ils cherchent la haine dans leurs yeux. Il s’attend à ce qu’il crie, qu’il jette pour des pierres, qu’il crachent. C’est ce qu’il ferait peut-être à leur place. C’est ce qu’il mérite, lui et ses camarades, après ce que l’Allemagne a fait. Mais quelque chose d’étrange se passe. Les gens regardent, c’est vrai.
Leurs visages sont durs, fatigués, marqués par la souffrance. Mais personne ne jette de pierre, personne ne crie des insultes. Une vieille femme en robe noire les regarde passé. Elle tient un chapelet dans ses mains. Ses lèvres bougent comme si elle priait. Un petit garçon d’environ 7 ans se cache derrière sa mère.
Il regarde Klaus avec de grands yeux curieux, pas méchants, juste curieux. Klaus ne comprend pas où est la vengeance, où est la colère. Il a vu ce que les gens font quand ils sont en colère. Il a vu des village russes Baveti où les habitants attaquaient les soldats allemands blessés. Il a entendu parler des Français qui punissent les collaborateurs, mais ici maintenant, il ne voit que du silence.
Un silence lourd, pesant, mais pas violent. La colonne continue sa marche. Les pierres de Klaos lui font mal. Il n’a pas mangé un vrai repas depuis cinq jours. Son estomac crie de faim. Il pense à sa mère à Schoudgart. A-t-elle assez à manger ? La ville a été bombardée tant de fois. Peut-être que leur maison n’existe plus.
Peut-être que sa mère est morte et qu’il ne le sait même pas. Ses pensées le torturent qui pendant qu’il marche. Finalement, au coucher du soleil, ils arrivent à une ancienne caserne française. C’est là que sera le camp de prisonniers. Les gardes français ouvrent les grandes portes en fer. Klaus et les autres entrent lentement.
Ils sont trop fatigués pour avoir peur maintenant. Ils veulent juste s’allonger et dormir. Mais quelque chose attire l’attention de Klaus. Une odeur, une odeur qu’il n’a pas senti depuis très longtemps. L’odeur du pain fraîche quand qui sort du four. Ce premier soir dans le camp, Klaus et ses camarades reçoivent un quelque chose d’incroyable.
Les gardes français apportent quant de grandes marmites fumantes. Ils distribuent des bols et des cuillères à chaque prisonniers. Claus tend les mains et reçoit son bol. Il regarde à l’intérieur et ne peut pas croire ses yeux. C’est une soupe épaisse avec des morceaux de légumes. Il voit des carottes, des pommes de terre et même des petits morceaux de viande.
De la vraie viande. Pas des os ou de la graisse, mais de la viande rouge. Avec la soupe, chaque homme reçoit 400 g de pain blanc. Close tient ce pain dans ses mains comme si c’était de l’or. Le pain est sans frais en Corse un peu chaud avec une croûte dorée. Il le sent. L’odeur est merveilleuse. Cela fait si longtemps qu’il n’a pas mangé de pain blanc.
En Allemagne, pendant les derniers mois de la guerre, le pain était noir et dur. Il était fait avec de la sûre de bois mélangé à un peu de farine. Ce pain français est un trésor. Klaus mange lentement. Il veut que ce moment dure. La soupe est chaude et remplit son estomac vide. Le pain est doux et bon. Il regarde autour de lui. Tous les autres prisonniers mangent en silence.
Certains ont les larmes aux yeux. Un jeune soldat d’à peine dix ans pleure vraiment en mangeant son pain. Klaus comprend pourquoi. Après des semaines de faim, après des mois à manger des restes et des épluchures, ce repas simple semble être un miracle. Un garde français passe entre les rangés de rangé de prisonniers. C’est un homme d’environ 50 ans avec une moustache grise.
Il compte les prisonniers pour être sûr que tout le monde a reçu sa portion. Klaus le regarde avec attention. Le garde a l’air fatigué. Son uniforme est vieux et rapié, mais son visage n’est pas cruel. Il fait juste son travail. Quand ils passent près de Klaus, leurs yeux se croisent d’un instant. Le garde ne sourit pas, mais il fait un petit signe de tête.
Klaus baisse les yeux vers son bol. Les jours suivants apportent encore plus de surprises. Chaque matin, les prisonniers reçoivent des du café chaud et du pain. À midi, ils ont de la soupe et 300 g de pommes de terre. Le soir, encore de la soupe avec des légumes et parfois un peu de viande.
Klaus compte les calories dans sa tête. Son père lui avait appris à faire ça quand il étudiait l’histoire. Chaque jour, il reçoit environ 1800 calories. C’est incroyable. En Allemagne maintenant, les civils survivent avec seulement ou 1000 calories par jour. Ses parents à Stuttgart fouillent dans les ruines pour trouver des racines à manger.
Et lui, le prisonnier, l’ennemi vaincu, mange mieux queeux. Cette pensée le garde éveillé la nuit. Comment est-ce possible ? La France est un pays détruit. Les Français ont si peu. Leurs propres enfants ont faim. Leurs villes sont en ruine. Et pourtant, ils donnent cette nourriture à leurs ennemis. Klaus ne comprend pas.
En Russie, l’armée allemande avait capturé des millions de soldats soviétiques. Ses prisonniers russes avaient reçu presque rien à manger. Il mourait tant de faim par milliers chaque jour. Plus de tris millions de prisonniers russes le sont morts tant dans les camps allemands. Klaos le sait. Bon, tout le monde dans l’armée allemande le savait.
Personne n’en parlait mais tout le monde savait. Un dimanche soir, quelque chose d’encore plus étrange arrive. Les gardes apportent de grandes bouteilles en verre. Ce sont des bouteilles de ta de vin rouge. Chaque prisonnier reçoit une tasse en métal remplie de 250 ml de vin. Klaus regarde le liquide rouge dans sa tasse. Il sent l’odeur du vin.
C’est du vrai vin français. Pas du vinaigre ou de la piquette. C’est le vin que les soldats allemands avaient volé dans les caves françaises pendant l’occupation. Maintenant, les Français le partagent avec eux. Un vieux prisonnier assis à côté de Klaus commence à pleurer doucement. Il tient sa tasse de vin dans ses mains tremblantes.
Klaus lui demande pourquoi il pleure. Le vieil homme dit qu’il a ans. Il a une femme et quatre enfants à Berlin. Il ne les a pas vu depuis 2 ans. Il ne sait pas s’ils sont encore vivants. Berlin a été bombardé si souvent et maintenant il est assis ici, prisonnier en France et il boit du vin français un dimanche soir. Il dit que le monde est devenu fou.
Les semaines passent. Klaus commence à remarquer d’autres petites choses d’un petites choses. Le camp a une infirmerie avec un vrai médecin français. Quand Klaus a une infection à cause d’une vieille blessure à la jambe, le médecin le soigne. Il utilise de la pénicilline cet antibiotique miracle que les Américains fabriquent.
Klaus avait entendu parler de ce médicament, mais il n’en avait jamais reçu. Dans l’armée allemande, les blessures s’infectaient et les hommes mourident. Ici, le médecin français nettoie sa blessure, lui donne des injections de pénicilline et en une semaine, Klaos est guéri. La Croix-Rouge vient aussi au camp. Ils apportent des paquets de cigarettes américaines.
Ce sont des lucky strike dans leur paquet de verre. Klaus n’avait fumé que des cigarettes horribles pendant la guerre. En Allemagne, quand il n’y avait plus de tabac, il fumait des témoins des feuilles séchées blé mélangé avec n’importe quoi. Maintenant, il tient une vraie aux cigarettes américaines. Il l’allume et inspire.
Le goûte est doux et fort en même temps. C’est du vrai tabac de Virginie. Un garde français remarque que Klaus fume. C’est le même homme avec la moustache grise. Il s’approche. Klaus a peur d’avoir fait quelque chose de mal. Mais le garde sort juste sa propre cigarette et demande du feu. Klaus lui donne son allumette. Les deux hommes fument ensemble en silence pendant une minute.
Puis le garde dit quelque chose en français. Klaus ne comprend pas bien, mais il entend le mot fils. Le garde sort une photo de sa poche. C’est la photo d’un jeune homme en uniforme français. Le garde touche la photo avec son doigt et secoue la tête tristement. Klaus comprend. Le fils est mort, tué pendant la guerre.
Peut-être par des soldats allemands comme Klaus. Klaus ne sait pas quoi dire. Il baisse la tête. Il a honte. Mais le garde remet la photo dans sa poche. Il regarde Klaus dans les yeux et dit encore quelques mots en français. Cette fois, Klaus comprend un peu. Le garde dit que Klaus est jeune, que la guerre est finie maintenant.
Il tape légèrement l’épaule de Klaus et s’en va pour continuer sa ronde. Cette nuit-là, Klaus reste éveillé dans sa couchette. Autour de lui, les autres prisonniers dorment et ronflent. Il pense au garde français T qui a perdu son fils, mais qui traite quand même les prisonniers allemands avec respect. Il pense à la nourriture qu’ils reçoivent un chaque jour, au vin du dimanche, aux cigarettes, au médecin qui a soigné sa jambe.

Il pense aux prisonniers russes qui sont morts de faim dans les camps allemands. Il pense à tout ce que son pays a fait et il commence à se poser une question terrible. Une question qui va changer sa vie pour toujours. Qu’est-ce qu’il défendait en t vraiment quand il combattait prusin pour l’Allemagne ? Était-ce vraiment la civilisation ? Ou était-ce quelque chose de sombre et de mauvais que la propagande leur avait caché ? Les questions de Klaos restent sans réponse pendant des semaines.
Puis en juillet 1945, 2 mois après leur arrivée au camp, Klaos et 40 autres prisonniers reçoivent nos mondes de nouvelles instructions. Ils vont être envoyés travaillés dans une ferme en Alsace. Les récoltes d’été arrivent et les fermières français ont besoin d’aide. La plupart des jeunes hommes français ne sont pas encore rentrés de la guerre.
Les femmes et les vieux ne peuvent pas faire tout le travail seul. Les prisonniers allemands vont les aider. Klaus monte dans un camion militaire avec les autres. Il roule pendant deux heures sur des routes abîmées. Il traverse des villages où les maisons ont des trous dans les toits. Il passent dans devant des églises dont les clochers sont cassés.
Finalement, ils arrivent à une grande ferme entourée de champs de blé dorés. Le camion s’arrête devant une maison en pierre avec des volets bleus. Un homme sort de la maison. Il a environ cinquante ans avec des cheveux gris et des mains fortes de fermier. Il porte une chemise bleue et un pantalon de travail.
Il regarde les prisonniers descendre du camion. Son visage est sérieux mais pas méchant. Le garde français qui les accompagne parle avec le fermier. Klaos entend le nom. Il s’appelle Monsieur Henry Rousseau. Les deux hommes discutent pendant quelques minutes, puis le garde remonte dans son camion et part.
Les prisonniers restent là, debout dans la cour de la ferme, ne sachant pas quoi faire. Monsieur Rousseau les regarde un long moment, puis il fait un geste de la main et dit en français de le suivre. Il les emmène vers une grange où ils vont dormir. La grange est propre avec de la paille fraîche pour faire des lits. C’est mieux que le camp.
Le travail commence le lendemain matin très tôt. Klaus et les autres se lèvent avant le soleil. Ils vont dans les champs pour couper le blé. C’est un travail dur. Le soleil tape fort sur leur tête. Leurs mains deviennent rouges et pleines d’ampoules. Leurs dos leur font mal à force de se pencher. Mais c’est un travail honnête. Klaus aime sentir le blé dans ses mains.
Il aime voir les gerbes s’empiler. Cela lui rappelle les étés de son enfance quand son père l’emmenait à la campagne chez ses grands-parents. À midi, quelque chose d’extraordinaire se passe. La femme de monsieur Rousseau sort de la maison. Elle s’appelle Madame Rousseau. Elle est petite et mince avec des cheveux gris attachés en chignon.
Elle porte un grand panier couvert d’un tissu blanc. Elle appelle les prisonniers. Elle leur dit en français de venir manger. Les hommes sans cam se regardent surpris. Ils s’approchent lentement. Madame Rousseau ouvre le panier. À l’intérieur, il y a du pain frais, du fromage, des tomates du jardin et même de la saucisse.
Elle donne à chaque homme une part généreuse. Klaus prend sa portion avec des mains tremblantes. Le fromage sent fort et bon. C’est du vrai fromage alsen fait à la ferme. Les tomates sont sont rouges et juteuses. La saucisse est grasse et savoureuse. Clos mange assis dans l’ombre d’un arbre. Il ferme les yeux. Cependant un instant, il oublie qu’il est un prisonnier. Il oublie la guerre.
Il est juste un homme qui mange un bon repas après une matinée de travail. Les jours passent. Chaque soir après le travail, quelque chose d’incroyable continue de se produire. Monsieur Rousseau invite les prisonniers à manger avec sa famille, pas dans la grange, pas dehors comme des animaux, mais dans la maison, à la grande table en bois de la cuisine.
La première fois que cela arrive, Klaus ne peut pas y croire. Il entre dans la cuisine avec les autres. L’odeur de la nourriture qui cuit remplit la pièce. Il y a une grande table avec des chaises. Madame Rousseau met des assiettes et des couverts pour tout le monde. Klaus s’assoit à cette table. À côté de lui est assis un jeune homme français d’environ 25t ans.
Il a le bras gauche qui ne bouge pas bien. Klaus apprend plus tard que c’est le fils de monsieur Rousseau. Il s’appelle Marcel. Il était revenu de captivité en Allemagne il y a 3 mois. Elle avait été prisonnier dans un camp allemand pendant 2 ans. Son bras a été blessé et n’a jamais bien guéri parce qu’il n’avait pas reçu de soins médicaux.
Il y avait aussi eu un fils aîné à Prank Claus. Il s’appelait Antoine. Il est mort en 1940 pendant les combats contre l’armée allemande. Il avait 22 ans. Klaus regarde cet homme Henry Rousseau, qui a perdu un fils tué par les Allemands et un autre fils mutilé dans un camp allemand. Et maintenant, cet homme fait asseoir des soldats allemands à sa table.
Il leur donne du pain, du fromage, de la soupe. Il les traite comme des êtres humains. Klaus ne comprend pas. Comment est-ce possible ? Si c’était lui, pourrait-il faire la même chose ? Il ne pense pas. Le juillet arrive, c’est la fête nationale française. Dans les villages, les gens célèbrent leur première fête nationale en liberté depuis 5 ans.
Ce soir-là, en sur Monsieur Rousseau fait quelque chose de spécial. Il descend à la cave et remonte avec une bouteille couverte de poussière. C’est du vin alsacien, du Gevour Straminer mis en bouteille avant la guerre. Il avait caché cette bouteille pendant toute l’occupation allemande pour que les soldats ne la trouvent pas. Maintenant, il l’ouvre.
Il verse le vin doré dans des verrs. Il donne un verre à chaque personne à la table, y compris les prisonniers allemands. Close tient ce verre dans sa main. Le vin brille à la lumière de la lampe. Monsieur Rousseau lève son propre verre. Il dit quelques mots en français. Klaus ne comprend pas tout, mais il entend les mots paix et avenir.
Tout le monde boit. Le vin est doux et parfumé avec un goût de fruits et de miel. Clos n’a jamais rien bu d’ussi bon. Les larmes lui montent aux yeux. Il y a aussi une jeune femme à la table. C’est Élise, la fille de Monsieur Rousseau. Elle a 19 ans. Avant la guerre, elle étudiait pour devenir institutrice. Maintenant, elle aide ses parents à la ferme.
Elle att des cheveux bruns et des yeux gentils. Elle remarque que Klaus pleure doucement. Elle lui demande en français pourquoi il pleure. Klaus ne sait pas comment répondre. Il dit juste en allemand que c’est parce que c’est bon. Elice comprend un peu l’allemand parce que en Alsace beaucoup de gens parlent les deux langues. Les semaines suivantes, Elise et Claus parlent souvent ensemble.
Elle lui apprend des mots français. Il lui apprend des chansons allemandes que sa mère chantait quand il était petit. Un soir après le dîner, Éise lui demande s’il a tué des gens pendant la guerre. Claus devient très pâle. Il ne peut pas la regarder dans les yeux. Il dit oui. Il était soldat. C’était la guerre. Il a fait ce qu’on lui ordonnait de faire.
Élise reste silencieuse un long moment. Puis elle dit que son frère Antoine a aussi tué des gens. C’était la guerre. Maintenant la guerre est stivre finie. Il faut trouver un moyen de vivre ensemble maintenant. Cette nuit-là, Claos sort de la grange et marche dans les champs sous les étoiles. Il pense à tout ce qui s’est passé.
Il pense à la propagande que le ministre Gbels répétait à la radio. On leur disait que les Allemands étaient supérieurs, que les autres peuples étaient en inférieur, qu’il devaient en conquérir l’Europe pour apporter la civilisation. Mais maintenant, Klaus voit la vérité. La vraie civilisation est ici dans cette ferme alsacienne.
C’est dans les mains de cet homme qui partage son pain avec ses ennemis. C’est dans le cœur de cette famille qui choisit la gentillesse au lieu de la vengeance. Klaus pense aux villes russes que son régiment a traversé. Il pense au villages brûlés. Il pense aux prisonniers russes qu’ils avaient un enfermé dans des camps sans nourriture.
Il pense à Leningrad où les Allemands avaient affamé toute une ville. Plus d’un million de personnes étant étaient anté mortes de faim. La basse. Les soldats allemands avaient encerclé la ville et avaient à regarder les gens mourir. Klaus n’était pas à Leningrad, mais il le savait. Tout le monde dans l’armée le savait. Et maintenant, il est assis à la table d’un français dont les fils ont été tués et blessés par l’Allemagne.
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Et cet homme lui donne du vin précieux caché depuis des années. Klaus comprend enfin. Tout ce qu’on leur avait dit était un mensonge. L’Allemagne ne défendait pas la civilisation, elle la détruisait. La civilisation est ici dans ce geste simple de partager un repas, dans ce choix de traiter même un ennemi avec dignité et respect.
Klaus s’assoit dans l’herbe du champ. Il regarde les étoiles. Il pleure pour toutes les choses des choses terribles qu’il a vu et faites. Il pleure pour les mensonges qu’il a cru. Mais il pleure aussi parce que il a trouvé quelque chose ici qu’il croyait perdu pour toujours. Il a trouvé l’espoir que les humains peuvent être bons, que la paix est possible, que les ennemis peuvent peuvent devenir des amis.
Les mois passantent à la ferme des rousseaux. Klaus continue de travailler, d’apprendre, de grandir. Puis arrive décembre 1946. mois ont passé depuis que Klaus est devenu prisonnier. Maintenant, enfin, il peut rentrer chez lui. L’armée française libère les prisonniers allemands petit à petit. Le jour du départ arrive. Klaus fait son petit sac avec les quelques affaires qu’il possèdent.
Il n’a presque rien, juste ses vêtements usés et quelques objets personnels. Mais il a aussi des cadeaux que la famille Rousseau lui a donné. Monsieur Rousseau lui a donné un petit sac de grain de café français. C’est un trésor précieux. En Allemagne, le caféit presque impossible à trouver. Les gens font des boissons chaudes avec des glands grillés ou des racines.
Ce café vrai sera un cadeau merveilleux pour sa mère. Madame Rousseau lui a donné une écharpe en laine qu’elle a tricoté elle-même. Elle dit que l’hiver est froid en Allemagne et qu’il doit rester au chaud. Élise lui a donné une photo de toute la famille prise devant la maison. Au dos. Elle a elle a écrit en allemand avec une belle écriture pour Klaus notre ami.
N’oublie jamais que la paix est possible. Le cadeau le plus extraordinaire vient de Monsieur Rousseau. C’est une bouteille de vin alsacien. Pas n’importe quel vin mais une bouteille de guours straminaire de 1937. Une très bonne année. La bouteille est cachetée avec de la cire rouge. Monsieur Rousseau met la bouteille dans les mains de Klaus.
Il le regarde dans les yeux et dit en français lentement pour que Klaus comprenne bien. Tu ouvriras cette bouteille le jour où l’Allemagne et la France seront vraiment réconcilié. Ce jour viendra, j’en suis sûr. Clos a les larmes aux yeux. Il sert la main de monsieur Rousseau. Il veut dire tant de choses mais il ne trouve pas les mots.
Comment remercier quelqu’un qui vous a donné bien plus que de la nourriture et un abri ? Comment remercier quelqu’un qui vous a rendu votre humanité ? Finalement, Klaus dit juste merci en français et en allemand. Il embrasse Madame Rousseau sur les joues comme font les Français. Il sert la main de Marcel. Il dit au revoir à ÉCE qui pleure un peu.
Puis il monte dans le camion militaire avec les autres prisonniers qui rentrent chez eux. Le voyage vers l’Allemagne prend 3 jours. Clos traverse la frontière et entre dans son pays. Ce qu’il voit lui brise le cœur. L’Allemagne est un paysage de cauchemar. Les villes sont détruites. Partout, il y a des ruines. Des immeubles entiers sont effondrés.
Les gens marchent dans les rues comme des comme des fantômes. Ils portent des vêtements en lambeau. Leurs visages sont maigres et gris. Clos voit des enfants qui fouillent dans les décombres pour trouver des morceaux de charbon ou de bois pour se chauffer. Il voit des femmes qui font la queue pendant des heures pour recevoir un petit morceau de pain noir.
Le camion arrive enfin à Stuttgart. Klaus descend et regarde sa ville natale. Il ne la reconnaît presque pas. Stuttgart a été bombardé encore et encore par les avions alliés. % de la ville est détruite. Des quartiers entiers n’existent plus, juste des montagnes de briques cassées et de poutres brûlées.
Klaus marche dans les rues qu’il connaissait si bien. Il cherche sa maison. Son cœur bat fort. Est-ce que la maison est encore debout ? Est-ce que ses parents sont encore vivants ? Il tourne dans sa rue. Certaines maisons sont détruites. D’autres tiennent encore debout mais sont très abîmées. Il voit sa maison. Elle reste toujours là.
Le toit a un grand trou et toutes les fenêtres sont cassées mais les murs tiennent. Klaus court vers la porte, il frappe. Pendant un long moment, il n’y a pas de réponse. Puis il entend des palents. La porte s’ouvre. C’est sa mère. Klaus ne la reconnaît presque pas. Elle était une femme ronde et joyeuse avant la guerre.
Maintenant, elle a enceite maigre comme un squelette. Elle pèse peut-être 42 kg. Ses vêtements pendantent sur son corps. Ses cheveux sont tout blancs. Elle a seulement cinquante ans mais elle ressemble à une très vieille femme. Pendant une seconde, elle le regarde sans comprendre. Puis elle réalise que c’est son fils.
Elle pousse un cri et tombe dans ses bras. Elle pleure et pleure. Klaus la tient contre lui et sent comme elle est légère et fragile. Son père arrive aussi. Il a survécu mais il est très maigre lui aussi. Il marche avec une canne maintenant. Une bombe a explosé près de lui et il a été blessé à la jambe.
Les trois se tiennent ensemble dans l’entrée de leur maison cassée et pleurent de joie et de soulagement. Klaus est vivant. Il est rentré. Après toutes ces années de terreur et de séparation, ils sont ensemble de nouveau. Les jours suivants sont difficiles. Klaus découvre à quel point ses parents ont souffert. L’hiver de 1946 à 1947 est appelé le hungor winter, l’hiver de la fin.
Des dizaines de milliers d’Allemands meurent de faim et de froid. Les rations officielles sont de seulement hing calories par jour, mais souvent il y a moins que ça. Les magasins sont vides. Il n’y a pas de charbon pour se chauffer. Les gens brûlent un leur meuble pour ne pas mourir de froid. Sa mère raconte comment elle a mangé des épluchures de pommes de terre et de l’herbe bouillie pour survivre.
Klaus regarde ses parents affamés. Puis il se regarde lui-même. Il est en bonne santé. Il a même pris un peu de poids pendant sa captivité en France. Il mangeait bient calories parties par jour, il buvait du vin, il mangeait du fromage et du pain blanc. Pendant que ses parents mouraient train de faim dans la patrie qu’il avait combattu pour défendre, lui mangeait bien comme prisonnier chez l’ennemi.
Cette ironie terrible le frappe comme un coup de point. Il ouvre son sac et sort le café français. Sa mère le prend dans ses mains tremblantes. Elle commence à pleurer. Elle n’a pas vu de vrais café depuis des années. Klaus sort aussi l’écharpe en laine. Il la met autour des épaules de sa mère.
Elle est chaude et douce. Sa mère touche la laine et demande d’où elle vient. Klaus raconte. Il raconte tout. Il raconte la famille Rousseau. Il raconte comment ils ont perdu un fils et comment l’autre est revenu blessé d’un camp allemand. Il raconte comment ils l’ont quand même traité avec gentillesse, comment ils l’ont fait manger à leur table, comment ils lui ont donné du vin le jour de la fête nationale française.
Ses parents écoutent en silence. Son père pleure doucement. Il dit que ces Français sont de vraies personnes civilisées. Il dit que l’Allemagne a perdu non seulement la guerre, mais aussi son âme. Il dit qu’ils ont cru au mensonge et maintenant ils ont pè à moi le prix terrible. Clos montre la bouteille de vin.
Il explique ce que monsieur Rousseau a dit. qu’il doit l’ouvrir le jour où l’Allemagne et la France seront réconcilié. Son père prend la bouteille avec respect. Il la regarde longtemps. Puis il dit que ce jour viendra. Il doit venir. Sinon toute cette souffrance n’aura servi à rien. Les années passent. Klaus survit à l’hiver de la fin.
L’Allemagne commence lentement à se reconstruire. Klaus utilise son éducation pour devenir enseignant. En 1952, il devient professeur d’histoire dans un lycée de Stuttgart. Il enseigne aux jeunes Allemands ce qui s’est vraiment passé pendant la guerre. Il leur parle des crimes que l’Allemagne a commis. Il leur parle aussi de la manière dont la France a traité ses prisonniers.
Il leur enseigne que la vraie civilisation n’est pas dans la force militaire, mais dans la manière dont on traite les gens qui sont à notre merci. En 1963, quelque chose de merveilleux arrive. Le chancelier allemand Conrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle signent le traité de l’Élysée. C’est un traité d’amitié entre l’Allemagne et la France.
Les deux pays qui se sont battus pendant des siècles décident de devenir des partenaires et des amis. Klaus voit ça à la télévision et il sait que le moment est venu. Il sort la bouteille de vin qu’il a gardé pendant 17 ans. Il invite ses parents, sa femme et ses trois enfants. Il s’assoit tous autour de la table. Clos ouvre la bouteille avec soin.
Le bouchon sort avec un petit bruit. Il verse le vin doré dans des verrs. Le vin a 26 ans maintenant. Il sent bon comme le miel et les fleurs. Klaus lève son verre. Il pense à Monsieur Rousseau. Il se demande s’il est encore vivant. Il boit. Le vin est magnifique. Il a le goût de l’espoir et de la paix. En 1968, Close fait quelque chose qu’il rêvait de faire depuis longtemps.
Il emmène sa famille en Alsace. Il retrouve la ferme des Rousseaux. Monsieur Rousseau est maintenant un vieil homme de soixante ans. Ses cheveux sont tout blancs et il marche lentement. Mais quand il voit Klaus, son visage s’illumine. Les deux hommes s’embrassent comme des frères. Ils pleurent de joie. Madame Rousseau est là aussi.
Élise est mariée maintenant et à ses propres enfants. Clos présente ses enfants à la famille Rousseau. Ses enfants parlent français. Clos leur a appris la langue. Chaque été maintenant, Claus emmène sa famille en Alsace. Ces enfants jointent avec les petits-enfants des Rousseaux dans les mêmes champs où Klaus travaillait comme prisonnier.
Les enfants ne savent rien de la guerre et de la haine. Ils sont juste des amis qui jouent ensemble. Clos écrit dans son journal cette année-là. Ce que j’ai vraiment appris en captivité, c’est que la civilisation se mesure à la manière dont nous traitons ceux qui sont sans défense devant nous. La France était brisée et affamée, mais elle a choisi de nourrir ses ennemis.
Elle a choisi la dignité plutôt que la vengeance. C’est la plus grande leçon de ma vie. La réconciliation ne commence pas par les gouvernements. Elle commence par des gestes simples. Du pain partagé, un verre de vin offert, une main tendue au lieu d’un point fermé. C’est comme ça qu’on construit la paix. M.